La Mure vers 1900

- Le Breuil
- La place des Casernes
- La rue des Fossés
- Grande Rue
- La rue du Nord
- La Place Auguste Perret
- Le Rondeau
- Vieille église
- Rue des Alpes

PLACE AUGUSTE PERRET


En jaune l'ancien hospice, en rouge l'hôtel de ville dont l'orientation a été déterminée par rapport à la rue du Nord.
Les immeubles barrés ont été détruits en 1910. la croix rouge indique la plaque restée en place après la suppression d'une partie de la rue de Jonche.


Plan d'alignement 1912.
Remplacer Auguste par Alphonse en ce qui concerne la maison Perret, verrue sur cette nouvelle place, elle sera démolie beaucoup plus tard.

1892 - Hôtel de ville

Dès la décision d'implanter l'hôtel de ville à la place de l'hospice vieux de plusieurs siècles et en très mauvais état, Chion-Ducollet avait prévu la destruction de plusieurs maisons, granges et écuries pour assainir, aérer et agrandir la place de l'Hôpital. Le financement de ce programme est planifié pour 1904.
En 1896, la municipalité profite de la vente de 2 immeubles mis en vente à la suite de décès avec des fonds disponibles en caisse. La maison Clavel est achetée au prix de 1 900 francs et celle de Balme-Rousset à 1 185 francs plus les frais.

1896 - Achat de la maison de Prégentil

Une troisième maison est en vente, la maison bourgeoise de Gril de Prégentil, à la suite du décès de la propriétaire. Cette maison est la plus belle et la plus solidement construite du quartier. Elle a valu 14 000 francs mais elle se trouve avoir besoin de nombreuses réparations. Aucun financement n'est prévu par la municipalité pour cet achat, c'est Chion-Ducollet lui-même qui prend le risque de l'acheter 4 700 francs. La maison est revendue à la ville qui la finance par un emprunt de 6 000 francs que les loyers des 3 maisons permettent d'amortir en 13 ans ce qui amène en 1909.

1902 - Le testament de Romain-Auguste Perret

Auguste Perret, propriétaire rentier, demeurant au 12 rue Murette, décède. Il avait, l'année précédente déposé un testament à l'étude de Chion-Ducollet qui faisait la ville de La Mure sa légataire universelle. La succession ne peut être liquidée car des nièces et petits-neveux et arrières petits-neveux s'opposent et c'est au conseil d'Etat à rendre un arrêt.
Le jugement est rendu en 1903 en faveur de La Ville de La Mure qui recevra une somme de 34 000 francs. M. Perret avait stipulé que la somme soit "employée à des améliorations par les soins du Maire et de son conseil dans lesquels il avait pleine confiance".

1903 - enquête publique

Avis du Maire :

[...] Le projet de création d'une place publique au Sud de l'Hôtel de Ville a été conçu en 1889, lors de la confection des plans de cet édifice, et dans ce but, la Commune a fait à cette époque l'acquisition des immeubles Prégentil, Clavel et Rousset.
Considérant que la place sont il s'agit ne saurait répondre aux conditions d'hygiène et de salubrité publique sans la démolition des maison Laval, Perret et Balme, les granges et écuries Froment et Joachim Brachon.
Considérant que la dépense totale des acquisitions soit amiables, soit par voie d'expropriation, sera largement couverte par le reliquat net du legs Auguste Perret, bienfaiteur de la ville, dont le nom sera donné à la dite place [...]

Remarque : Il faut signaler l'erreur faite dans le livre Petite histoire du nom de nos rues, le paragraphe concernant cette place en attribue le nom à un autre Perret, par ailleurs pas propriétaire des maisons à démolir.

Après l'adduction d'eau la fontaine est supprimée, on construit l'aqueduc rue du Jeu de Quille pour aplanir la place et on installe un lavoir et des toilettes au-dessous. L'accès à la partie nord de la rue de Jonche est modifié.

C'est aussi un Perret qui crée des difficultés !

Toutes les maisons sont achetées à bon compte sauf celle d'Alphonse Perret qui a pensé que ce projet pouvait lui être très profitable. Il est aubergiste, rue du Breuil, dans un immeuble qui lui appartient. Il s'empresse de vendre cet immeuble et de transporter son fonds de commerce dans sa masure de la place de l'Hôpital restaurée à minima. Espérant tirer un bon prix en cas d'expropriation il déclare ne pas vouloir vendre sa maison à la Ville sous l'administration de Chion-Ducollet. Dans des conversations avec des adjoints il annonce des prix de 26 000 à 30 000 francs.
Chion-Ducollet qui a de nombreux travaux en cours et en projet ne peut sortir de l'enveloppe du legs d'Auguste Perret. Il ne fait pas de proposition ni de demande d'expropriation qui pourrait se révéler très onéreuse. Il décide la poursuite de son projet malgré l'atteinte à l'esthétique du lieu. Le tribunal nomma un expert pour faire un état des lieux et définir les mesures qu'il convenait de prendre pour la démolition des deux immeubles contigus avec celui d'Alphonse Perret et le renfort nécessaire aux murs mitoyens.
Huit maisons sont démolies par l'entreprise Court, en 1910-1911, pour la somme de 600 francs à laquelle il a fallu ajouter 160 francs pour la consolidation de la maison Perret.
La conclusion de Chion-Ducollet qui veut toujours avoir le dernier mot :

On voit que dans cette affaire la Municipalité n'a été guidée que par l'intérêt supérieur des finances communales et bien qu'elle n'ait donné satisfaction aux désirs de l'honorable M. Perret, nous avons la profonde conviction qu'elle a répondu à de mauvais procédés par la correction la plus absolue.

Après les démolitions on y transfère le marché au Beurre (décision du 1 juin 1911) en attendant construction d'un marché couvert. La place au beurre était auparavant angle rue Magdeleine - Calemard.
Avant leur destruction, les loyers des maisons achetées pour un peu moins de 30 000 francs rapportaient 1 498 francs par an au budget communal. Ceci illustre la bonne gestion de Chion-Ducollet qui ne négligeait pas la moindre possibilité de revenu même faible et temporaire. Ces loyers lui ont permis en plus de la réalisation de la place de payer les frais du plan d'alignement.

Après Chion-Ducollet

En 1939, la municipalité du Docteur Ricard continue l'oeuvre de Chion-Ducollet en achetant et démolissant la maison Perret. Le marché couvert peut être installé. On construit une halle métallique qui sera supprimée en 1984.
Aujourd'hui, officiellement la rue Croix-blanche débouche toujours sur le Breuil, une plaque et les adresses des maisons en attestent, il en est de même pour la rue de Jonche présente par sa plaque et par les adresses des habitants de cette partie de la place qui sont bien notées "rue de Jonche". Cette configuration d'une place bordée intérieurement par des demies rues ne doit pas être courante !

Photos



Place de l'Hôpital côté ouest, la photo peut être datée vers 1900 (fils électriques après 1892 et fontaine supprimée en 1904).
La fontaine dite le "château d'eau" remonte à 1776, en 1779 son déversoir alimentait la fontaine de la place de la Confrérie (Docteur Béthoux).



A gauche le pignon de la maison de Prégentil et l'étroit passage (2 m) vers la place de l'Hôpital. Photo entre 1892 et 1910.


Photo prise à l'angle des rues Magdeleine et Croix-blanche, on aperçoit l'hôtel de ville au-dessus de la maison de Prégentil, à gauche la maison Perret. Photo entre 1892 et 1910.


La rue de Jonche. sur la façade une affiche où on lit "RADIUM" ce qui nous situe après 1898.





Ces deux photos montrent la place de l'Hôpital entre 1905 (suppression fontaines) et 1910.
On voit la maison de Prégentil et à droite une partie de la maison Perret.


Une ancienne carte postale et un agrandissement sur la partie de la rue de Jonche. L'aqueduc et le lavoir sont construit, les maisons (point rouge) ne sont pas encore détruites. Photo entre 1904 et 1911.


Une carte postale un peu plus récente et un agrandissement sur la partie de la rue de Jonche. Cette fois les maisons sont détruites. La maison Perret (point orange) va rester jusqu'en 1939. La maison avec le point jaune a un bel encadrement de porte en calcaire de Laffrey avec la date 1790 et Les lettres "PDV".

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