HISTOIRE LOCALE
Chion-Ducollet et la Mure - de 1880 à 1913

Une troisième République qui modifie profondément les institutions : laïcisation avec séparation de l'Eglise et de l'Etat; enseignement laïque, gratuit et obligatoire, enseignement secondaire pour les jeunes filles... Une population divisée entre républicains et une droite qui défend l'église et les traditions.

Un bourg endormi, sans confort, sans infrastructures, sans ressources du fait de l'arrêt de ses deux industries traditionnelles (la clouterie et la fabrication des grosses toiles à partir du chanvre). Une municipalité de notables ne voulant pas augmenter leurs impôts avec un nouveau Maire nommé tous les deux ans, jusqu'en 1882, ce qui rend difficile les projets à long terme.

Un "étranger" qui dès son installation en 1881 comme notaire à La Mure, va entrer en politique. Républicain convaincu, il gagne la mairie et pendant 25 ans, avec une énergie exceptionnelle et l'aide d'un conseil municipal dévoué et admiratif, il va transformer La Mure de fond en comble. La population est divisée entre deux minorités, les "Ficelards", irréductibles opposants de droite défenseurs de l'église et des traditions et les "Chionards" totalement dévoués à leur leader, ceci sous l'observation d'une majorité, les électeurs qui votent en fonction de leur intérêt.


On a peu détaillé le travail de fond de Chion Ducollet, on a préféré en rester à un aspect caricatural de ses démêlés avec l'abbé Morel et le Conseil de Fabrique de la paroisse dont l'épisode des "robes blanches" relayé, en son temps, par toute la presse française, régionale et nationale.

Léon Caillet et Pierre Berthier sont peu diserts sur le rôle personnel de Chion-Ducollet et semblent éviter de prononcer ce nom. Par contre Victor Miard lui consacre un chapitre "Dans le bourg depuis longtemps morne et triste, le réveil sonne avec Chion-Ducollet. Le prodigieux essor de La Mure de 1886 à 1912".


Plus d'un siècle après, loin des luttes de l'époque, sans idée préconçue, la lecture des documents permet d'aller dans les détails et de se faire une idée de la vie de La Mure de l'époque dirigée par ce personnage peu ordinaire. C'est l'objet des pages qui suivent, chacune d'elles traite un sujet particulier, ce qui a été préféré à un récit chronologique.
De très nombreux liens mènent à des documents originaux parfois retranscrits pour la facilité de lecture.
Le travail n'est pas terminé, les pages évolueront au fur et à mesure des recherches et, je l'espère, en fonction de vos remarques et critiques.

- Introduction - cléricaux et anti-cléricaux en ce début de troisième république

- Débuts en politique, deuxième adjoint pendant quelques mois

- Maire pendant 25 ans sans opposition dans le conseil

- Une totale transformation de la Mure

- Le financement d'un tel programme

- Impact de la mine sur les comptes publics

- Son adversaire politique, le docteur Romain Tagnard

- La guerre avec l'abbé Morel

- Admirateur du Père Eymard, ses relations avec les Pères du Saint Sacrement

- Un conseil municipal dévoué et admiratif

- Les voyages à Paris, la chasse aux subventions dans les ministères

- La rigueur dans les affaires lui vaut des procès, souvent subis

- Les autres mandats

- Les inaugurations et fêtes

- Chion-Ducollet construit sa villa Avenue de la République

- Après la défaite de 1912 Chion-Ducollet reste un personnage important

- Conclusion

Annexes

- Le déroulement de l'étude

- Idées reçues

- La situation industrielle en 1840 bien différente de celle des années 1880.

- Chansons et poèmes à l'encontre de Chion-Ducollet

- Promenade dans La Mure de 1900

- Les Armoiries de La Mure


Les sources :
- Les comptes rendus annuels de la municipalité de 1886 à 1912
- Les brochures de Chion-Ducollet, du docteur Tagnard, les pamphlets de l'opposition, souvent anonymes.
- Et surtout les archives de La Mure notamment sur la construction des bâtiments, les registres des délibérations du conseil municipal, très bien tenus et détaillés pendant les mandats de Chion-Ducollet (3 987 pages de délibérations sur 9 volumes).
- Les Archives de l'Isère, qui nous ont permis de découvrir une période totalement occultée, celle où Chion-Ducollet après sa démission d'adjoint se lance dans la lutte pour la prise de pouvoir, ceci, contrairement aux idées reçues, avec l'aide du Docteur Tagnard qui sera son colistier en 1886 et qui votera pour le maire au premier conseil. On découvre aussi que le meneur de jeu dans la lutte maire/curé n'est pas celui que l'on croit.

Un grand et sincère merci :
- au maire, Fabrice Marchiol, pour la confiance qu'il m'a accordée, en me laissant consulter ces précieux documents des archives, sans aucune contrainte.
- à Joël Chalon qui m'a ouvert la porte de la mairie.
- à Guillaume Benoist qui m'a initié au classement des archives, m'a transmis de nombreux documents et photos. Nos échanges ont été fort utiles.
- au sympathique personnel de la Mairie.
Michel Bernard m'a guidé dans les méandres des partis, des groupes de pensées, de leur évolution vers la gauche et le social dans ce début de troisième république.

Il aurait été souhaitable, pour des raisons de pérennité et de meilleure diffusion, de mettre ces pages sur un serveur murois ou matheysin. Mais, contrairement à ce qui se passe dans nombreuses communes ou agglomérations, nos dirigeants ne sont pas branchés "réseaux et internet rapide". A défaut d'un site valable actuellement sur le plateau, je me vois obligé d'étoffer mon site personnel.

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