Chion-Ducollet et
   La Mure - 1880 à 1914
- Introduction
- Débuts en politique
- Maire de 1886 à 1912
- 25 ans de construction
- Les finances
- Mine et Municipalité
- CD et Dr Tagnard
- Maire et Curé
- CD et le Père Eymard
- Maire et Conseil
- Voyages à Paris
- Les procès
- Les autres mandats
- Fêtes
- Villa
- Après la défaite de 1912
- Conclusion
Annexes
- Déroulement de l'étude
- Idées reçues
- Industries en 1840
- Chansons et poèmes
- La Mure en 1900
- Armoiries de La Mure

Inaugurations et Fêtes

Le 14 juillet, haut symbole républicain, est fêté traditionnellement, on trouve sur le registre des délibérations le compte rendu d'un de ces anniversaires :
Cette fête a été fort belle. Le soleil s'est mis de la partie dès l'aube et a dispersé les nuages de la veille.
Le banquet qui a eu lieu sous les arbres des Capucins, n'a rien laissé à désirer ; le nombre des convives a dépassé le chiffre de cent.
Dans son discours improvisé, M. le Maire s'est attaché aux faits historiques touchant La Mure en 1789. Il a rappelé les noms des officiers municipaux de cette époque, leurs sentiments généreux et dévoués qui attestent de leur haute valeur.
La fanfare municipale a donné deux concerts : l'un au banquet des Capucins et l'autre place des Casernes, l'un et l'autre fort appréciés.
Le bataillon scolaire a exécuté quelques exercices sur la place des Capucins, à la satisfaction générale.
Les habitants ont largement répondu à l'appel de la Municipalité en pavoisant leurs maisons.
La fête a été terminée par un superbe feu d'artifice tiré sur la place de la Liberté.
Aucun incident ne s'est produit dans cette belle journée qui nous a rappelé à tous le 14 juillet 1789.

Des fêtes sont organisées pour des grandes occasions sous la présidence d'une haute autorité de l'Etat et avec de nombreuses personnalités du département.

Le 24 juillet 1888
Inauguration du Chemin de fer - Inauguration du Collège
Pose de la première pierre des Ecoles de filles

L'inauguration a été organisée le 24 juillet à la suite du centenaire de la révolution de Vizille présidée par Sadi Carnot.
On trouve sur le registre des délibérations la transcription du reportage du journal Le Petit Dauphinois. Le train ministériel part de la gare de Grenoble à 8h35 avec à son bord M. Deluns-Montaud, ministre des travaux publics, toutes les autorités départementales et de nombreux journalistes.
A Saint-Georges, on descend de voiture pour passer sur la nouvelle ligne que l'on doit inaugurer. M. Deluns-Montaud monte dans un wagon découvert orné de drapeaux.
L'attention se partage entre l'aspect du pays et les innombrables travaux d'art qui se déroulent sous notre route et au-dessus de nous. Le train s'arrête un instant pour permettre aux invités de sonder de l'oeil l'effroyable hauteur de laquelle nous dominons la vallée du Drac. De ce point le coup d'oeil est vraiment vertigineux...
Courte halte à La Motte les Bains, arrêt à La Motte d'Aveillans où toute la population de ce bourg et celle des communes environnantes se pressent aux abords de la gare.

Le train arrive à La Mure à 11 h. Chion-Ducollet souhaite la bienvenue au ministre et le cortège s'ébranle en direction du collège, fanfares, salves d'artillerie, acclamations de la foule, arc de triomphe, décorations, bouquets. L'enthousiasme des Murois est indescriptible.
Au nouveau Lycée, à midi, M. le Ministre a reçu MM. les maires des communes voisines ainsi que les divers fonctionnaires de la région.¨Parmi ces derniers on a remarqué l'empressement qu'avait mis M. l'archiprêtre de La Mure de présenter à M. le Ministre les membres du clergé.
Inauguration du collège, La musique joue la Marseillaise. Il fait une chaleur accablante, M. Deluns-Montaud qui a fait à pied tout le trajet du chemin de fer au collège, soit deux kilomètres sous un soleil sénégalien parait visiblement fatigué.
Discours improvisé de M. le Préfet, long discours de M. le Recteur, discours du ministre. Banquet de 150 couverts suivi du discours de Chion-Ducollet, de Louis Guillot, député, conseiller municipal, ami de Deluns-Montaud. Discours du ministre : Il fait bien chaud et je suis bien fatigué. je n'en prend pas moins la parole parce que vous en conviendrez il n'est pas banal de parler politique à 900 mètres au-dessus du niveau de la mer. Juste trois fois la hauteur de la tour Effel ! (Rires et applaudissements unanimes.) Mon ami Louis Guillot vous a dit que, grâce aux merveilles de la science, grâce à ce chemin de fer étonnant et pittoresque que nous venons d'inaugurer, La Mure est maintenant en plaine...puis un long développemeent à la gloire de la révolution et de la république.
A 4h, première pierre du Groupe scolaire de Pérouzat, discours de M. Rivet, député de l'Isère.
A 5 h le député et sa suite prennent le train de retour.
La fête continue à La Mure. Des feux de joie ont été allumés sur la montagne de Simon ainsi que sur les collines de la Citadelle et de Peychaud à la tombée de la nuit. Les illuminations ont été superbes. A neuf heures un superbe feu d'artifice tiré sur la place de la Liberté a dignement couronné cette journée dont les Murois garderont un impérissable souvenir.

Le 5 mai 1889
Anniversaire de l'ouverture des Etats Généraux de 1789

Registre des délibérations le 23 mai
M. le Maire propose à l'assemblée de consigner sur le registre des délibérations le compte rendu de la fête du 5 mai pour en perpétuer le souvenir et servir à l'histoire de La Mure. C'est grâce aux faits consignés sur les registres de 1789 que nous pouvons aujourd'hui retracer l'histoire locale de cette grande époque. Il faut de notre côté songer à ceux qui auront à célébrer en 1989 le deuxième centenaire de la Grande Révolution.
A l'unanimité, l'assemblée adopte la proposition de M. le Maire et décide que le compte rendu par les Journaux le Petit Dauphinois et le Réveil du Daupbiné sera transcrit ci-après.
La Mure
l'anniversaire de l'ouverture des Etats Généraux de 1789 a été célébré avec l'entrain qui caractérise à La Mure les fêtes vraiment démocratiques.
Dès la veille les salves d'artillerie et une retraite aux flambeaux jetaient la note gaie dans la ville entière.
Le lendemain, à l'aube, les édifices publics et la plupart des maisons particulières se recouvrent de drapeaux et d'oriflammes aux couleurs nationales.
Seuls, quelques bonapartistes assez ignorants pour ne pas savoir que sans la révolution les Napoléon n'eussent jamais été que de vulgaires Bonaparte ; quelques cléricaux endurcis et quelques mécontents que la rage de l'impuissance étouffe se refuse à saluer l'aurore de cette liberté que nos pères de 89 ont scellé de leur sang. Plaignons-les.
A midi, un banquet fraternel, présidé par le Maire, assisté de son conseil à peu près au complet et de la plupart des fonctionnaires, réunit plus de cent citoyens dans la grande salle de l'école de garçons.
M. Manoël, qui a fait ce diner, a justifié une fois de plus sa vieille réputation dans l'art culinaire ; qu'il reçoive ici nos meilleurs compliments.
Au dessert, après l'exécution de la Marseillaise enlevée avec beaucoup de brio par l'Echo de la Matheysine, M. le Maire prononce un discours dont voici à peu près la substance.
Après avoir signalé les causes qui nous réunissent dans ce banquet populaire, M. Chion-Ducollet prenant les faits locaux, rappelle qu'il y a cent ans presque jour par jour, que, dans la salle où nous sommes assemblés aujourd'hui, et qui était alors une église de capucins, avait eu lieu la bénédiction des drapeaux offerts à la milice bourgeoise de La Mure, par M. Perrier seigneur de la terre.
L'honorable orateur fait ressortir le rôle joué en 1788 par les trois ordres du Dauphiné aux Etats de Vizille et de Romans, et montre clairement que, dans ce mouvement populaire dont nul ne prévoyait encore les conséquences, La Mure tint à l'honneur de se faire remarquer. Puis, rendant un hommage mérité à la mémoire des hommes qui ont représenté La Mure à cette époque d'agitation. M. Chion-Ducollet rappelle l'ouverture de ces Etats Généraux de 1789 représenté par plus de 1000 délégués des trois ordres dont 595 pour le Tiers Etat. Il traite ensuite les principales questions qui furent débattues dès la réunion de cette assmblée qui, grâce à l'énergique attitude du Tiers Etat, va bientôt prendre le nom d'Assemblée nationale. Le Tiers Etat, fier de sa dignité, imbu des principes d'égalité dont il aspire déjà à faire sa devise, refuse à l'ouverture des Etats Généraux, de comparaître à genoux devant le roy et découvert devant les autres ordres, selon l'usage établi jusqu'alors. Les souvenirs du serment du jeu de paume, de la chute de la Bastille, de la nuit du 4 août, sont évoqués ensuite brièvement. Parlant du bas clergé de cette époque qui était malheureux et pressuré par les évêques et les cardinaux, l'orateur nous le montre entraîné alors dans ce mouvement populaire que le bas clergé, aujourd'hui oublieux et ingrat, conspue avec tant d'impudence et d'injustice. Puis, dans un parallèle élevé entre les héros de la Révolution tombant sous la guillotine pour donner à leurs descendants la liberté et la justice, et le Christ mourant courageusement sur une croix pour avoir osé affirmer le principe de l'égalité des hommes, M. Chion-Ducollet soulève un véritable tonnerre d'applaudissements.
M. le Maire donne ensuite lecture de la déclaration des Droits de l'homme et du citoyen, qu'il appelle l'évangile civil, et termine son discours en exprimant l'espoir que par la République qui nous a déjà donné la Liberté et l'Egalité, nous verrons bientôt s'éteindre les querelles mesquines de parti et qu'en 1890, lorsque l'on fêtera l'anniversaire de la fédération des communes, nous serons tous unis dans la Fraternité.
Après M. Chion-Ducollet, M. Caire, inspecteur primaire, porte au nom des fonctionnaires et en termes chaleureux un toast très applaudi au Président Carnot, dont la famille tout entière est la personnification de l'honneur, de l'intelligence, du travail et de la probité.

Le 7 février 1892
L'éclairage électrique arrive à la Mure

René Reymond, Mystères et curiosités de l'histoire, pp. 57 à 61.

Le 22 septembre 1892
Centenaire de la République et Inauguration de l'Hôtel de Ville

Registre des délibérations le 22 septembre
La fête du 22 septembre a été assurément l'une des plus belles qu'il nous ait été donné de voir à La Mure depuis de longues années.
Depuis un mois les habitants des quartiers de la Murette, du Nord et du Calemard travaillaient avec une activité extraordinaire à la confection de guirlandes de verdure pour décorer l'Hôtel de Ville le jour de sa fête d'inauguration.
La veille superbe retraite aux flambeaux par la fanfare et les tambours des sapeurs pompiers. Le 21 à la chute du jour et le 22 au matin dès l'aube, les vieux canons de La Mure, postés à la Citadelle, annonçaient les réjouissances.
Le nouvel Hôtel de Ville est splendide : tous les ouvriers de la construction ont rivalisé de zêle et de goût pour la décoration. Le grand escalier d'honneur fait l'admiration de tout le monde.
A onze heures M. le Maire et ses adjoints, suivis du Conseil Municipal, sont reçus au sommet de l'escalier d'honneur par M. Besson architecte ; M. Montant conducteur ; M. Andrieux entrepreneur du premier lot et plusieurs de ses collègues.
Le cortège fait le tour des salons du premier étage, puis il vient se placer sur le balcon qui fait face à la rue du Nord.
La fanfare joue la Marseillaise, et les canons de la Citadelle se font à nouveau entendre, pendant que M. Chion-Ducollet, maire, pose le drapeau de la Mairie sur le bord extérieur du balcon.
M. le Maire prend ensuite la parole et prononce un discours de circonstance que tous assistants peuvent entendre très distinctement. Ce discours a été souligné par les nombreux applaudissements de la foule massée sur la place de la Liberté.
A midi, la cérémonie de l'inauguration était terminée.
Un banquet ouvrier a immédiatement suivi. Il a eu lieu dans les deux superbes salons du premier étage du nouvel édifice que M. le Maire a justement appelé "Le temple civil de la Société moderne."
Par son architecture et son élégance, ce monument fera dorénavent l'admiration des touristes qui visitent chaque année La Mure et son chemin de fer.
On ne se souvient pas d'avoir vu un banquet aussi important : 230 convives réunis à la même table. Le menu , bien composé a été admirablement servi par l'Hôtel du Nord.
Au dessert, M. Chion-Ducollet, maire, a prononcé un discours historique et patriotique sur les événements des 20 et 22 septembre 1792. Il a été fréquemment interrompu par les applaudissements unanimes des assistants.
Après ce discours, M. Marmonnier, de Grenoble, a demandé et obtenu la parole. L'orateur qui s'exprime avec une rare facilité, lève son verre aux Républicains de La Mure et à M. Chion-Ducollet, Maire de La Mure. Ce toast est fortement applaudi. M. Marmonnier ajoute qu'il est venu à La Mure en son nom personnel d'abord et au nom de ses amis, pour apporter aux républicains murois les félicitations et les encouragements des républicains de Grenoble. Les luttes extraordinaires, exceptionnelles contre le cléricalisme sont l'objet d'une attention toute spéciale et plus que sympathiques de leur coréligionaires de Grenoble qui admirent la fermeté, les sentiments de reconnaissance et le républicanisme de la majorité des habitants de cette vaillante petite cité progressiste.
M. Marmonnier lève une deuxième fois son verre à M. Chion-Ducollet, ce maire qui a été vilipendé de la façon la plus inqualifiable, la plus injuste, pour avoir osé mettre ses actes politiques et administratifs en harmonie avec ses opinions, avec des programmes électoraux ; à M. Chion-Ducollet le sincère républicain, l'administrateur véritablement dévoué que tout le monde connaît aujourd'hui.
Républicains de La Mure ! dit M. Marmonnier, vous vous êtes réunis sous un drapeau qui est le bon, serrez-vous autour de lui, continuez à le défendre, car vous défendez la bonne cause, la cause de la Liberté et de la République !
Les toasts de M. Mamonnier ont été couverts d'applaudissements frénétiques. L'orateur est entouré, félicité et remercié des bonnes paroles qu'il vient de prononcer ; tous les convives viennent lui serrer la main.
A 4 heures, après le banquet, un concert a été donné sur la place de l'Hôtel de Ville, par la fanfare l'Echo de la Matheysine sous l'habile direction de M. Giraud. La musique est et sera toujours l'âme des fêtes populaires ; on peut bien dire que sans musique il n'y a pas de fête possible, et qu'avec elle l'enthousiasme s'épanouit promptement.
A 8 heures, un superbe feu d'artifice a été tiré sur la place de l'Hôtel de Ville, en présence d'une foule que l'on peut évaluer sans exagération à plus de 3 000 personnes.
Les maisons étaient à peu pres toutes pavoisées et superbement illuminées. Noté en passant : l'Hôtel de Ville, la poste, la demeure de MM. Chion-Ducollet, maire et Joubert 2e adjoint, le collège et les bureaux du chemin de fer.
A 9 heures, dans la grande salle des Capucins , a eu lieu un bal populaire organisé par la municipalité et par la fanfare. La salle était littéralement comble de danseurs et de curieux. Notez que plusieurs octogénaires, hommes ou femmes, ont été remarqués dansant le rigodon. La danse n'a pris fin qu'à 4 heures du matin.
Les établissements publics avaient la permission de la nuit.
Ajoutons que pas le moindre accident ne s'est produit et que cette double et magnifique fête laissera d'inoubliables souvenirs dans l'esprit des Murois qui aiment leur pays.
L'inauguration sur le registre des délibérations

Le 8 (ou 9) juin 1893
Inauguration des Salons du nouvel Hôtel de Ville

Il organise une deuxième inauguration de l'Hôtel de ville avec des autorités départementales.
Le procès-verbal de la fête d'inauguration

Le 11 juin 1893
Fête de la Fraternité au Mont Simon

Est-ce le premier "campage" au Paradis ?
Le compte rendu de la fête de la Fraternité

Le 5 août 1897
Légion d'honneur remise à Chion-Ducollet
Visite de M. Rambaud, ministre de l'Instruction publique

Felix Faure, en janvier 1897, recevant les représentant de l'Isère, avait manifesté son intention de faire une rapide excursion dans la région montagnarde de l'Isère, il indiqua lui-même la Mure avec retour par Vizille.
Le 12 avril, le Maire de La Mure fut admis à l'Elysée, le président de la République confirma son intention de s'arrêter à La Mure une heure ou deux.
Le conseil général de l'Isère dans sa session d'avril vota une subvention spéciale pour aider La Mure à recevoir dignement le président. La ville se mit à l'ouvre pour organiser une fête digne du premier magistrat de la république.
Le 28 juin, le préfet de l'Isère, le maire de Grenoble et Chion-Ducollet sont de nouveau reçus par le président qui leur fait part de sa décision de ne pas honorer sa promesse. Qui sont les "jaloux", "les politiciens dauphinois" qui sont intervenus ? Malgré l'insistance d'Edouard Rey et Durand-Savoyat, sénateurs et de Vogéli, député, la décision fut maintenue. En petite compensation, le Conseil des Ministres décida que la Mure aurait la visite du Ministre de l'instruction publique après les fêtes de Grenoble.
Ce contretemps organisé par les adversaires politiques de Chion-Ducollet a été beaucoup commenté surtout en sa défaveur.
Les fêtes présidentielles ont eu lieu à Grenoble les 3 et 4 août. Chion-Ducollet a reçu des mains du président de la République, sur le perron d'honneur de la préfecture les insignes de la Légion d'honneur.
Le lendemain, 5 août, une énorme affluence attend à la gare l'arrivée du train transportant M. Rambaud, ministre de l'Instruction publique, M. de Luze, préfet de l'Isère, Emile Durant-Savoyat, sénateur, Felix Vogéli, député, le recteur et l'inspecteur d'académie. Le train est arrivé à midi, le maire est descendu du wagon avec la croix de Chevalier de la Légion d'honneur sur sa redingote, sous les acclamations de la foule.
On peut lire le compte rendu de cette journée muroise mémorable dans le registre des délibérations du conseil municipal.


Accueil des personnalités en gare de La Mure


Chion-Ducollet au balcon


Les personnalités arrivent à l'hôtel de ville

Le 20 septembre 1900
Revue d'honneur à l'occasion des grandes manoeuvres militaires

Chion-Ducollet relate ces journées peu ordinaires dans son bilan :
Les grandes manouvres militaires de la 27e division eurent lieu en septembre 1900 dans la région Trièves-Mateysine.
La veille de la revue d'honneur, la ville de La Mure eut à cantonner ou à loger 5.000 hommes.
Tous les officiers, sans exception, furent logés. La revue d'honneur eut lieu le 20 septembre 1900 sur le plateau de Payon. 14.000 hommes de toutes armes y prirent part.
Des tribunes furent construites par la Municipalité.
Tout se passa sans accident regrettable et sans incident.
Ce fut une véritable fête militaire pour La Mure. Le Maire avait fait afficher une proclamation aux habitants ; elle enchanta les troupes et les officiers.
La population se prêta de bonne grâce au cantonnement et au logement.
Des arcs de triomphe furent construits par les soins de la Munici-palité aux principales entrées de la Ville.
Les. monuments publics et les habitations particulières furent abondamment pavoisés.
A la revue d'honneur, le général en chef Zédé, gouverneur militaire de Lyon, en saluant la Municipalité au-devant de sa tribune, suivi de son état-major, adressa des remerciements et des félicitations à la population muroise en la personne de son maire, pour le bon accueil fait aux troupes et surtout pour l'organisation du cantonne-ment qui n'avait rien laissé à désirer.
A la séance suivante du Conseil municipal, le Maire adressa à son tour ses remerciements sincères à la population pour le concours empressé qu'elle lui avait prêté en cette circonstance et des félicitations au personnel municipal pour la fidèle exécution de ses ordres et le dévouement que chacun avait déployé.
Nous avons le droit de dire que les grandes manouvres et une revue d'honneur dans un pays, constituent un lourd fardeau pour la population, mais plus spécialement pour le Maire sur lequel pèsent toutes les responsabilités.
La relation de ces "faits mémorables" a été consignée dans le registre des délibérations municipales, à la suite de la séance du 4 novembre 1900.

19, 20 et 21 septembre 1903
Fête d'inauguration des eaux

PROGRAMME
Samedi 19 septembre
- A 8 heures du soir, grande retraite aux flambeaux par l'Harmonie Muroise et par les clairons et tambours des sapeurs-pompiers.

Dimanche 20 septembre
- A 5 heures, réveil en fanfare par les clairons et tambours des Sapeurs-pompiers - Pavoisement général des rues et édifices communaux.
- De 7 heures à 8 heures, grandes courses régionales de bicyclettes, avec prix. Itinéraire : La Mure, La Motte d'Aveillans, Notre-Dame-de-Vaulx, virage à Laffrey, Arrivée à La Mure.
- A 8 heures, mise en marche des nouveaux appareils d'arrosage et d'incendie, cascades et châteaux d'eaux dans les divers quartiers.
- A 9 heures, ouverture des jeux dans les quartiers de la ville.
- A 11 heures 6min. gare de Peychagnard-Crey, réception des invités par la Municipalité, visite en car alpin des captages de Perrouzat et de la citerne de la Prête sur Pierre-Châtel, vin d'honneur.
- A midi 15, réception des invités à l'entrée de la ville par le Conseil Municipal et l'Harmonie muroise.
- Visite du réservoir dans le flanc de la montagne de Simon.
- Concert par l'Echo de la Matheysine.
- Grand défilé dans les rues de la ville pour se rendre dans la salle du banquet.
- A 1 heure, banquet officiel; salle du Théatre - durant le banquet, concert par l'Harmonie municipale.
- A 3 heures, visite de la ville et de ses monuments.
- A 4 heures 30, départ des invités en car alpin par les lacs pour Vizille, Uriage, Grenoble.
- De 3 heures à 5 heures, continuation des fêtes de quartiers : Place de la Liberté, mat de cocagne, course en sac, jeux divers avec prix.
- A 7 heures, illuminations générale de la ville et de ses monuments publics.
- A 8 heures, grand feu d'artifice au rond-point du Rondeau.
- A 9 heures, bals dans les divers quartiers de la ville, permission de la nuit à tous les établissements.

Lundi 21 septembre
- Grand concours de boules au magnifique boulodrome de la place des Capucins.

C'est un grand jour pour Chion-Ducollet qui reçoit une pluie d'éloges, Le registre des délibérations du conseil consacre plusieurs pages à cette fête des eaux.

juin 1906
Fête pour l'élection de Chion-Ducollet en qualité de député le 20 mai 1906

Voici le comte rendu qu'en fait Chion-Ducollet dans son bilan :
De toutes les fêtes officielles qui ont eu lieu au cours de notre mandat municipal, aucune n'a été plus belle, plus spontanée dans sa simplicité, que celle qui fut donnée en l'honneur du Maire à l'occasion de son élection à la députation.
Elu le 20 mai 1906, au scrutin de ballottage, après une lutte acharnée, l'élection fut attaquée devant la Chambre, principalement par M. Perrier, député actuel, au nom de son Comité.
La Chambre passa outre, dédaigna les 'protestations dont il ne fut fait mention que pour mémoire, dans le rapport de M. Justin Godard, député du Rhône.
Cette validation augmenta encore la satisfaction des Murois. En juin suivant, une fête populaire magnifique fut organisée par la population.
Rien d'officiel, tout fut fait de bon coeur.
Un superbe banquet, offert au député, eut lieu dans la salle des Capucins.
A son entrée dans la Ville, à la descente du train, le Maire-Député fut réellement touché du témoignage spontané de sympathie que lui offrirent ses administrés.
Cette fête, cette manifestation, sont restées si profondément gravées dans le cour du Maire Chion-Ducollet, qu'il n'a pu résister à la satisfaction de les rappeler dans le résumé bien succinct de sa pénible et laborieuse administration. Elles ont aussi constitué un grand réconfort après tant d'avanies subies !

30 mai 1909
La Grande Cavalcade

Jean Garnier dans La Mure autrefois y consacre 7 pages très illustrées :
Quelle fête magnifique, merveilleuse, incomparable, les Murois ont offert à leurs innombrables visiteurs !
De bonne heure, par toutes les routes, par toutes sortes de véhicules venus de localités fort éloignées, la foule envahissait le pittoresque chef-lieu de canton.
Les rues de La Mure sont en effet richement et copieusement décorées. dès les premiers pas on constate que tous les habitants sans exception ont voulu participer à la réjouissance publique. Toutes les maisons sont pavoisées ; des guirlandes s'entrecroisent au-dessus des rues, des arcs de triomphe souhaitent la bienvenue aux visiteurs.
Il est midi ! C'est l'heure solennelle, l'heure où les diverses unités de la cavalcade se massent sur la place des Capucins. Les chars sont assemblés et le cortège va partir. Mais auparavant, la commission se rend au domicile de M. Chion-Ducollet député, maire de La Mure, pour le remercier du généreux appui qu'il a accordé aux organisateurs des fêtes. Très cordialement M. Chion-Ducollet les assure de son complet dévouement et quoique légèrement fatigué, il veut assister de son balcon, au défilé du cortège...

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