Géologie

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La GÉOLOGIE AU SERVICE DES MATHEYSINS


A la fin du secondaire, une une grande épaisseur de sédiments superposés en couches continues.
Depuis 12 000 ans, l'érosion et la tectonique alpine permettent l'accès aux différentes couches.

L'homme n'aurait pas pu survivre au début du Tertiaire, toutes les ressources nécessaires étaient hors de portée alors qu'après la dernière glaciation la tectonique alpine et les érosions des différentes glaciations ont rendu toutes les couches accessibles à certains endroits ce qui a permis au début la survie puis le développement d'une population située dans une région difficile d'accès obligée de vivre dans une certaine autarcie.
Nous allons faire une revue des matériaux utilisés sans développement, on en parle plus longuement dans le site.

Le socle et les minéralisations

Jean-Etienne Guettard (1779), Emile Gueymard (1831) puis Charles Lory 1858) ont fait l'inventaire des ressources de la région. De nombreuses minéralisations qui ont rendu service aux premiers "métallurgistes" matheysins pour la confection de leurs outils mais qui plus tard se sont révélées non rentables.
- Cinabre (oxyde de mercure) à Prunières et Saint-Arey
- Cuivre gris et plomb à Saint-Arey
- cuivre et argent à Prunières
- Manganèse (peroxyde) sur le Connex
- Sulfure de zinc à Laffrey
- Fer (dans sidérite)
- De l'or à La Motte-Saint-Martin près du château, (à Oris ?)
- Sources thermales chlorurées sodiques qui sourdent au niveau du Drac et sont remontées à l'établissement de La Motte-les-Bains.
- On peut rajouter la serpentinite (péridotite venant du manteau, serpentinisée) qui a peut être-permis la fabrication de haches (on pense que les haches trouvées sur le plateau venaient d'ailleurs) puis l'utilisation en "marbre" (marbre vert de la Chinarde).

En 1910, A. Lacroix, célèbre minéralogiste signale fréquemment les minéraux recueillis dans la région de La Mure qu'il considère comme un Musée naturel, tant par la beauté des échantillons recueillis que par leur variété.

Le Carbonifère et le charbon


[...]au-dessus du hameau d'Anaveillan, au quartier de Rivoire, s'élève un coteau qui n'est, en quelque sorte, que du charbon de terre ; il y a peut-être cent cinquante ans qu'on en tire de cette mine... Jean-Emile Guettard, 1779.

Nos ancêtres n'ont pas eu à chercher le charbon, la grande couche affleurait à La Motte d'Aveillans, on ne sait pas depuis quand l'homme a pris conscience de l'intérêt de cette roche, il est vrai qu'il a longtemps disposé d'une ressource en bois importante.

Après l'épuisement de cette couche d'excellente qualité l'exploitation du Villaret s'est révélée plus difficile : les couches déformées sont moins accessibles et la proportion de charbon réduit en poussière est importante.


La grande couche affleurait à la Motte d'Aveillans.

Le Trias et le gypse

On n'a pas utilisé la dolomie comme pierre à construction contrairement à la cargneule.
Les quelques gisements de gypse ont été exploités pour la fabrication du plâtre (Cognet, Connex, Valbonnais...).

Le Lias et le calcaire à ciment

Un niveau du Lias calcaire, à proportion d'argile de 20%, s'est révélé adapté à la fabrication du ciment naturel (La Motte-les-bains, Villard Saint Christophe et surtout Pont du Prêtre). Ce niveau de calcaire a aussi été utilisé pour la construction des infrastructures de l'exploitation et des habitations locales.

Le calcaire de Laffrey

Un excellent calcaire qui a été une richesse pour la Matheysine. Exploité dans la partie ouest du plateau, de Laffrey à Cognet, pendant plus de mille ans : des plus belles habitations aux modestes murs, tous les ouvrages pour le train de Saint-Georges à Corps...
Il constitue une parfaite matière première pour la fabrication de la chaux vive.
Facile à polir il a été vendu comme marbre pour dessus de meubles (commodes, tables de nuit), pour cheminées...(sous différentes appellations : Gris panaché de Peychagnard, Bleu fleuri de Nantizon, Gris-noir de Laffrey).

Les dépôts glaciaires


La cheminée de la tuilerie en 2007, dynamitée depuis.

Aujourd'hui nous avons une nature très nette, des champs bien cultivés sans gros cailloux. On ne trouve des blocs que le long des chemins ancestraux et des haies. Il en était autrement après le départ des glaciers où le sol devait être jonché de blocs plus ou moins importants. Des générations ont déplacé ces blocs pour dégager des terrains cultivables, non pour les amasser en pierriers mais pour construire leurs habitations. On retrouve toutes ces roches d'âge différents et venant de lieux parfois bien éloignés dans les murs des vieilles fermes et dans les remplissages des murs destinés à être crépis.

Les sables et les graviers ont été et sont toujours largement exploités .

L'argile de bonne qualité de Sousville a permis la fabrication de poteries et surtout de tuiles. La dernière tuilerie a fermé vers 1960.

Postglaciaire

Le travertin (ou tuf calcaire) présent en divers endroits a été utilisé notamment pour les clochers des églises.

Réseau hydrographique


La Matheysine est bien irriguée, le Drac, la Bonne, la Roizonne l'entourent. Du nord au sud, les quatre lacs glaciaires, la Jonche et tous les petits ruisseaux qui les alimentent ; des zones humides qui ont été drainées après 1900, celles qui subsistent sont protégées, des sources et des nappes phréatiques.
Ce réseau a dicté l'habitat des premiers occupants du plateau, à proximité de l'eau mais en tenant compte des variations importantes de débit, tous ces cours d'eau étant des torrents à fort dénivelé au début de leur parcours.
Pendant longtemps les ruisseaux et les marais ont uniquement servi de réserve de pêche et de chasse puis petit à petit de source d'énergie avec l'utilisation de la roue à aubes, par exemple au XIIIe siècle il y avait plusieurs moulins à huile et à farine sur la Jonche1. Plus tard se sont installés des battoirs pour le chanvre, des moulins pour le plâtre et le ciment, des clouteries, des marbreries, des scieries...
Cette source d'énergie qui a rendu service à l'homme pendant plusieurs siècles a été remplacée par l'énergie électrique.


Vue d'artiste du réseau des principaux cours d'eau de la nouvelle communauté de communes : Amélie Blachot (les Monts bleus).

1 M. Gaude, Moulins et autres artifices hydrauliques sur le cours de la Jonche, Mémoire d'Obiou N°7, pp. 67 à 76.

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