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L'HÔPITAL - HOSPICE

photo de l'hôpital
                     L'Hôpital-Hospice peu après sa construction, remarquer l'excroissance devant la partie centrale (la cuisine et l'office).

L'hospice avant 1912

Sur le plan de 1751, l'hospice est dans un bâtiment situé à la place de l'hôtel de ville actuel, il comprenait une salle pour la mairie et la justice de paix, il était déjà signalé en piètre état.
En 1844, Henri Giroud offrit un terrain pour ouvrir une rue entre la rue Cotte-Rouge et la Grande-Rue, ce don n'a été accepté que trente ans plus tard, après de nombreuses controverses, on donna à cette rue le nom de "rue Neuve" (elle prendra plus tard le nom de rue "Henri Giroud").
En avril 1876, Henri Giroud proposa à la ville la cession de sa maison de maître, située dans cette rue pour y fonder un hospice qui va quitter la Place Froide.
En 1878, les 8 pensionnaires n'ont droit qu'à la soupe, en 1882 ils sont nourris 2 jours par semaine. Ils doivent, pour le complément, mendier dans les rues ! A partir de 1886, au début des municipalités de Chion-Ducollet les pensionnaires sont nourris toute la semaine et les comptes, auparavant déficitaires, deviennent équilibrés. Voici ce que l'on peut lire sur un compte-rendu de la Municipalité à propos de la gestion de l'hospice avant 1886 :
" A l'Hospice, rue Neuve, les hospitalisés étaient logés dans une promiscuité repoussante. Absence de direction.
La femme du receveur de l'abattoir y faisait, moyennant salaire, la soupe une fois par jour. Et cette soupe, les hospitalisés ne la consommaient point ; ils la vendaient aux cloutiers pour la nourriture des chiens qui faisaient tourner la roue industrielle.
Pour leur nourriture, les hospitalisés mendiaient en ville, entraient et sortaient à volonté."

1912 - Le nouvel Hôpital- Hospice

La construction la plus importante voulue par Chion-Ducollet qui dote la Mure d'un établissement médical parmi les plus modernes du département.
Il a été édifié, de 1905 à 1911, dans le parc, donné par Mme veuve Léon Reynier, de Lyon, situé dans le faubourg des Thénevaux, de la superficie de 1 hectare.
Les plans ont été conçus et établis par M. Jules Besson, le même architecte que pour l'hôtel de ville. Le projet a été conçu dès 1902, mais il n'était possible de le concrétiser qu'à la condition expresse d'avoir de l'eau potable en abondance, il était donc lié au grand projet de captage et d'adduction en cours d'exécution et financé par la mairie. Il fallait aussi trouver des subventions car les comptes de la mairie ne pouvaient assurer, en même temps, deux financements importants.
Il a coûté 420.000 francs entièrement couverts par des subventions (350 000 par le pari mutuel), la vente du bâtiment de la rue Neuves et des dons.
L'hospice des vieillards fonctionnera dès 1908. L'hôpital en 1912, le financement ayant ralentit l'installation intérieure et du matériel et le recrutement du personnel.

En 1928, ce bel ensemble est complété par une maternité. Construite par le même architecte et dans le même style, elle a été en partie financée par le comte Henry de Renéville, président-délégué de la Compagnie des Mines de la Mure.

Les plans : implantation, les deux étages, la cuisine, les annexes.

Le bâtiment principal

La carte postale ci-dessus montre cette belle et imposante construction. En partie gauche l'hôpital et en partie droite l'hospice avec chacune leur porte d'entrée. Au centre, les salles communes : les réfectoires, la chapelle.

La curieuse extension centrale, aujourd'hui détruite, carrée avec angles coupés, recouverte avec un toit polygonal en zinc, est qualifiée de "vestibule" par le Patrimoine en Isère, ce qui est faux. C'est au rez-de-chaussée l'office avec en sous-sol la cuisine. Dans le projet initial la cuisine était prévue au rez-de chaussée d'où la cheminée que l'on aperçoit sur la photo. Au cours de la construction on a pris conscience que les fumées allaient polluer tout le bâtiment et on mis la cuisine en sous-sol afin d'évacuer les fumées par une cheminée passant dans les murs intérieurs et aboutissant en haut du toit.

Au-dessus de la partie centrale, un fronton avec un tympan sculpté d'Auguste Davin - La Maladie et la Vieillesse - une horloge (signée A. Paulin Grenoble) et le blason de la Mure. Le fronton est surmonté d'un petit campanile ajouré. Des oeils-de-boeuf dans la toiture.


Au-dessus de l'entrée côté hôpital..


Au-dessus de l'entrée côté hospice.



le chapiteau
Le blason de la ville et le campanile.
Encadrant le fronton deux pots à feux surmontés de serpents.











←   La sculpture d'Auguste Davin
La Maladie et la Vieillesse
qui a subi depuis quelques dégâts.
photo agrandissable

La photo ci-dessous (2018), prise du sol sous le clocheton, montre 3 cloches pour sonner les différentes heures. Le site de la mairie est à corriger, il mentionne qu'il n'y a pas de cloches !

Les annexes

Du côté nord, le long de la rue des Thénevaux, séparés du bâtiment principal, sont implantés : la conciergerie, le pavillon des contagieux, le dépôt des morts et la buanderie avec son bûcher.


La conciergerie




Le dépôt des morts et la buanderie



Le Pavillon des contagieux



Les matériaux de construction

L'hôpital est construit 6 ans après l'hôtel de ville par le même architecte. Probablement pour des questions de coût, on utilise le calcaire a minima, c'est "la pierre factice de ciment" qui va être largement utilisée :
  - Le calcaire de Laffrey uniquement pour le soubassement hors les pierres d'angle ;
  - Le calcaire urgonien (provenant des carrières d'Anglefort dans l'Ain) pour les pierres d'angle et une seule couche de 25 cm au-dessus du calcaire de Laffrey du soubassement, et pour les marches et paliers;
  - Les moellons en ciment moulés , peints ou crépis, pour tout le reste.


Pour le soubassement calcaire de Laffrey travaillé comme à l'hôtel de ville, au-dessus une couche de calcaire urgonien de 25 cm puis le ciment moulé.


Le ciment moulé et peint ou crépi pour tout le reste du bâtiment.


De l'Urgonien pour les pierres d'angle du soubassement.



Aujourd'hui

Construit depuis un siècle, l'hôpital s'est constamment adapté à l'évolution importante du domaine de la santé, des extensions modernes sont venues l'agrandir. Mais le bâtiment ancien n'a pas perdu de sa prestance même s'il a subi quelques petites modifications : suppression du petit édifice central de l'office et de la cuisine, suppression des deux entrées hôpital et hospice, remplacement des oeils-de-boeuf par des lucarnes.
Le trois annexes ont été sacrifiées pour la construction des extensions.


Le bâtiment n'a pas perdu de sa prestance.


Le bâtiment construit dans le même style en 1928 pour installer une maternité, aujourd'hui cette fonction a été supprimée.


Notre façade historique décapitée !


Cet article du Dauphiné Libéré nous apprend, le vendredi 16 avril 2021, que le campanile de l'hôpital a été enlevé quelques jours auparavant. L'article qui reprend des éléments de ce site nous dit que " la restauration et la remise en place de ce campanile ne seraient pas envisagées".

Novembre 2021.

6 mois plus tard, nous sommes toujours dans un état de sidération envers une telle mauvaise action contre le patrimoine murois faite au mépris des règles administratives et du simple bon sens. Depuis, un grand silence de la part des administrations concernées et de bien timides protestations de la part des associations patrimoniales.

Les extensions de l'hôpital ont cassé le bel ordonnancement initial de la cour d'honneur, ont détruit les bâtiments annexes qui l'entouraient. La façade, sauf l'extension centrale de la cuisine et de l'office, a été conservée.
Mais cette façade historique, située plein nord et peu entretenue, s'est dégradée au cours du temps comme on peut le voir sur les photos de cette page : fissures, déplacement de pierres, affaiblissement des supports de pots à feux, pourrissement du bois du campanile... La photo ci-contre nous dit que nous ne sommes pas loin du point de non retour.
"L'ancien bâtiment du Centre hospitalier est complètement désaffecté depuis 2013, sans projet de remise en service validé et financé à ce jour" écrit le directeur de l'hôpital. Le mouvement de l'horloge et la montée au campanile n'existent plus.

L'hôpital est-il suffisamment protégé administrativement ?
- Pour le directeur de l'hôpital : Le bâtiment n'est pas classé ni inscrit au Patrimoine.
- Pour la mairie : Le centre hospitalier est identifié au Plan Local d'urbanisme comme un élément de notre patrimoine à protéger. De plus fait partie de l'inventaire conduit sur la commune en 2005 par le service culturel du Conseil départemental de l'Isère.

Le directeur de l'hôpital, nanti d'un accord verbal du maire, s'est permis de détruire le campanile sans passer par les formalités administratives, l'urgence absolue n'est probablement pas recevable. (L'accord verbal, étonnant car contraire au PLU, est bien confirmé par la mairie).

Les morceaux du campanile ont été mis à la décharge, seules les cloches ont été mises en lieu sûr, la vigilance d'Olivier Condemine a probablement évité qu'elles ne s'envolent définitivement !


à suivre...


Le pot est bien érodé et son lien avec le bâtiment semble prêt de la rupture.

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