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LES BASSINS EN CALCAIRE DE LAFFREY


Avant que l'eau n'arrive comme aujourd'hui dans chaque demeure il fallait aller s'approvisionner à une fontaine publique ce qui en faisait un lieu important de la vie sociale du village, lieu d'échange, de discussions et probablement de conflits. Les habitants se retrouvaient là pour remplir les bidons à ramener dans les maisons, pour laver la vaisselle ou le linge, pour faire boire les bêtes.

Ces fontaines ont bien failli être supprimées, des législateurs, écolos intégristes, ignorants le cycle de l'eau, ont décidé de munir chaque fontaine, qui pour eux gaspille de l'eau, d'une mesure de débit et de lui affecter un contingentement et une facturation. Heureusement un amendement a, pour les pays de montagne, exclu les "fontaines patrimoniales", construites avant 1950.

Dans cette page nous ne parlerons que des bassins totalement matheysins qui utilisent le calcaire de Laffrey. Ils sont, pour la plupart, construits à partir de plaques assemblées par des fers à U (les happes), quelques uns sont de réelles oeuvres d'art car taillés dans un seul bloc de calcaire. Dommage, ils ne sont pas souvent bien entretenus et en fonctionnement. Ce discret patrimoine mériterait une campagne de restauration.
Sur quelques-uns est gravé une date, nous verrons qu'elle peut être celle d'une fontaine antérieure. Dates de 1859 à 1904.
Les photos ont été faites en 2017

A partir de 1840 les petites communes veulent créer ou améliorer leurs fontaines communales. Certaines ont depuis longtemps un point d'eau, pas toujours de bonne qualité, d'autres en sont encore dépourvues, les habitants s'approvisionnant individuellement à une source, un puits, un ruisseau.
En étudiant les archives on se rend compte que ce projet a souvent nécessité beaucoup d'énergie, de temps et d'implication des habitants :
- Après une demande de subvention, systématiquement refusée par le préfet, il faut trouver un financement : produit de location d'un champ communal, du revenu du four banal, souscription ou emprunt.
- Il faut trouver une ou plusieurs sources et en acquérir les droits lorsque celles-ci sont sur le terrain d'un particulier.
- Après un va et vient du dossier entre la mairie et la préfecture pour des raisons administratives ou techniques, on peut enfin passer à l'adjudication et à la réalisation.

Le problème principal était d'amener une eau potable en quantité suffisante toute l'année au point choisi du village, souvent on ne dit rien de la réalisation de la fontaine elle-même qui sera construite en béton, la solution la moins onéreuse. Les communes, avec un meilleur budget, font réaliser le bassin, rectangulaire plus ou moins grand, en calcaire de Laffrey avec un cahier des charges précis. A Notre-dame-de Vaulx on va plus loin en faisant réaliser un magnifique bassin circulaire avec à l'avant un deuxième bac, plus petit, fait dans un seul bloc qui épouse la forme arrondie.



LAFFREY

Le 6 août 1842, lettre du maire au préfet : " Le petit bourg de Laffrey n'a point de fontaine publique. Par conséquent les habitants, les voyageurs et les militaires qui font halte sont obligés à boire l'eau du ruisseau qui découle du grand lac. Cette eau était parfois limpide et parfois troublée et presque continellement malpropre mais à présent elle devient impotable..."
En 1874, soit 30 ans plus tard, on adjuge la construction de 4 bornes fontaines dans le village et une fontaine avec bassin au Pey et aux Bigeards. Le marché est adjugé à Hippolythe Guinier de Laffrey, qui fait le meilleur rabais, pour le prix de 2 394 francs.
En 1891 on construit un lavoir sur le ruisseau de Laffrey.
En 1895 on augmente le volume de la fontaine du Pey.

Aujourd'hui on retrouve la trace d'une seule des bornes fontaines. Elle était installée contre le mur du presbytère qui a été démoli et qui ouvre actuellement la place de la mairie. La fontaine, plus alimentée, a été posée contre le mur du fond.

     
Partie d'une ancienne carte postale où l'on voit la fontaine qui coule abondamment

     




Il y a près de l'entrée nord un bassin fait avec 4 plaques de calcaire, il semble peu profond du fait de la remontée du sol autour. Bien que plus alimenté il porte la mention "eau non potable" !

     


Le Pey

     
C'est probablement le bassin construit en 1874, bien qu'un peu différent du premier descriptif : un triomphe de 180x30x30 cm surmonté d'un chapiteau, un bassin de 300x100x70 cm. Dimensions actuelles du bassin 280 x 120 cm, il coule avec la mention "eau non potable", le chapiteau sur le triomphe est en béton donc certainement refait.


     
Cet imposant bassin monobloc a été sculpté par le dernier tailleur de pierre de Laffrey, Nicolas Maraschin (1861-1941), qui arrêta son activité en 1939. Il est dans la propriété qu'il occupait et qui appartient à ses descendants.


Les Bigeards

     





Dimensions 3,55 x 1,15 m, en très mauvais état.



LA MOTTE D'AVEILLANS

Le plus ancien document aux ADI est une délibération du 10 mai 1832 :
"... Mr le Maire dit que depuis environ nombres d'années les habitants du hameau d'Aveillans avaient entrepris d'amener une fontaine dans leur village qu'à cet effet ils avaient commencé eux-même à creuser un fossé mais que quelques habitants avaient cessé de travailler à cet objet les autres ne voulant pas travailler seul pour l'intérêt de tous il en est résulté une cessation de travail ce qui a fait qu'aujourd'hui la majeure partie des habitants de ce village se sont adressé à lui pour le requérir de les faire autoriser à faire ce travail ou bail ou rabais. Le maire de la commune observe que l'Entreprise des habitants d'Aveillans est non seulement utile mais encore très urgente que ce village manque de l'eau les trois quarts de l'année ce qui occasionne des maladies et mortalité de bestiaux que s'il arrive un incendie dans ce village composé de quarante huit habitants ils n'auraient point de l'eau pour les secourir. qu'à la vérité il y a quelques habitants qui ont des puits dans leur basse cour mais qui tarissent dans les temps de sécheresse et que d'ailleurs les propriétaires de ces puits ne permettent pas aux autres habitants de prendre la quantité d'eau qui leur est nécessaire pour abreuver leur bétail que d'autre part la dépense de cette fontaine ne peut pas être dispendieuse puisqu'il ne s'agit que de faire un fossé et un aqueduc pour l'emmener dans le village qu'enfin l'eau que les habitants d'Aveillans se proposent d'emmener dans le village coulent dans un chemin public qui le dégradent et nécessite des réparations annuelles qu'il seraient dispensé de faire..."

Trente ans plus tard, en 1862, dans ce même hameau d'Aveillans (quartier de l'église) qui a dû depuis s'étoffer on installe 3 bassins. Leur positionnement est donné par rapport aux propriétaires limitrophes. Ils sont de belle dimension, entre 3,8 et 4,8 m de long sur 1,10 m de large. "Deux compartiments dont la grandeur de celui qui recevra les jets sera le double de l'autre.
Le sable sera extrait des carrières des Buttarias, la chaux sera prise aux Mollards ou à Pierre-châtel, la pierre de taille proviendra des carrières de Laffrey" et comme il n'y a pas de petites économies, le devis précise "les trois bassins devant être acculés contre un mur et cela dans la longueur, la face cachée de chaque bassin restera brut et non taillée."

En 1903, les bassins à La Faurie, en 1905 une fontaine à Combefolle avec un petit bassin en pierre de taille de Susville ou Laffrey, en 1910 il y a 3 fontaines aux Béthoux mais elle vont perdre leur débit suite aux travaux de la mine, en 1917 une fontaine aux Mas et en 1924 un bassin de 3 m de longueur à la Condamine.


Ce qui subsiste aujourd'hui (2017)

Un panneau, près du bassin de la rue de la Passerelle dit qu'il y a eu quarante bassins sur la commune. Il y en a beaucoup moins aujourd'hui, nous verrons plus loin que l'on continue à les détruire même s'ils mériteraient d'être réimplantés dans un bel endroit. Ils ne coulent plus et n'ont plus de robinet, ils sont, pour la plupart, en triste état ce qui est dommage pour une ville qui manque plutôt d'atouts et de raisons de déambuler.

Rue de l'église

     





Au sud avant le virage, un bassin de 4,60 m. Est-il un vestige d'un des trois cités plus haut ? Il n'y a pas de plaques côté mur.


Rue du cercle

Dans la partie haute, 2 bacs, 2,60 x 0.85 m.
     





Ce bassin, manifestement réduit de médiocre façon, a le mérite de montrer une coupe et l'assemblage de deux plaques pour assurer une bonne tenue et une étanchéité, on devine aussi l'encoche pour recevoir la séparation intérieure. 1,3 x 1,10 m dans la version actuelle

Au bas de la rue
     


Rue d'Aveillans

Dans la partie haute, 2 bacs, plus de triomphe 3,00 x 0.90 m.
     

Au bas de la rue, sous abri, 3 bacs, 4,00 x 1,05 m.
     


Rue de la passerelle

4,60 x 1,10 m
     

Un panneau sur l'eau - agrandir
     


En face de Mine Image
3 bacs dont 2 étaient alimentés par le triomphe. De belles dimensions : 5,40 x 1,50 m. Il est situé à l'intérieur d'une structure en béton à six piliers carrés supportant un toit-terrasse avec un réservoir qui était utilisé pour l'alimentation en eau des abattoirs situés juste à côté.
Un panneau de calcaire (photo de droite) montre une grande densité de rostres de bélemnites. Après leur mort ces bélemnites étaient rassemblées par les courants dans des zones calmes, en géologie on parle de thanatocénose.

     

     



Descente du Four, (La Mayrie)
Sous un abri, un lieu de rencontre bien entretenu avec un banc mais sans eau. Un seul bac, 2,20 x 1,10 m.
     

     


     


De la difficulté à survivre pour ce petit patrimoine
Google Earth permet de se promener de façon virtuelle dans la Motte d'Aveillans de novembre 2009, on peut, place Albert Rivet, à côté de la poste, voir un bassin de belle facture à 3 bacs bien mis en valeur comme le montrent les deux photos Google ci-dessous. Aujourd'hui plus de bassin, le secteur est en travaux avec construction de nouveaux bâtiments. A-t-on prévu un nouveau emplacement pour ce témoin du passé ?

     

     



Les Buttarias

A l'entrée du hameau côté la Motte. 3,30 x 1,15 m. A signaler la croix voisine avec un beau socle en calcaire de Laffrey.

     

     



La Faurie

Deux bassins dans la rue bien-nommée Rue des bassins.

     
Un cas particulier dans cette page, un bassin en L avec trois bacs, sous abri.

     
Un peu plus bas dans la rue. 4 m.



LA MOTTE SAINT MARTIN

Plusieurs bassins dans le village mais en béton, vers l'église celui-ci en calcaire de Laffrey, cas rare de fontaine en fonctionnement avec deux planches !

     


LA MURE

L'approvisionnement en eau de La Mure était une priorité pour Chion-Ducollet, en 1888-89 il fait réaménager d'anciennes sources pour alimenter la rue du Nord où l'on peut installer 2 fontaines et un bassin. Ce sera le dernier de facture traditionnelle en calcaire de Laffrey. Après l'importante découverte de l'eau en 1903 les circuits sont refaits. Les grandes fontaines circulaires à l'arrière de la mairie, place des Casernes, place de la Confrérie et au bas de la Murette sont malheureusement supprimées (on peut voir leurs photos dans les pages de "La Mure de 1900"). Elles sont remplacées par de nombreux, grands et fonctionnels lavoirs en ciment moulé.


     
Construit sous abri dans la descente de la rue du Bon Repos, il porte la date de 1889. Le bac d'arrivée est monobloc et le deuxième bac fait de 3 plaques.

     
En mauvais état ce bassin est au bord de la route nationale au 55 de la rue des Alpes.


     
Dans la propriété qui appartenait à M. Ros, un opposant irréductible à Chion-Ducollet, voir le procès qui concernait probablement l'eau de ce bassin.











     
Un adorable petit bassin monobloc dans une propriété privée.



MARCIEU

1899
"Les divers villages de Rouac, Marcieu et les Champs de la commune de Marcieu sont, de temps immémorial, alimentés en eau potable par des sources venant du massif de Senéppi, mais les canalisations qui conduisent ces eaux sont en mauvais état, mal établies et nécessitant souvent des réparations. Elles laissent d'ailleurs perdre sur leur parcours un quantité notable d'eau par suite des fuites qui existent dans les conduites.
Les bassins des bornes-fontaines sont en bois et certaines n'en sont même pas pourvues, quoique cela soit très utile dans un pays essentiellement agricole pour l'abreuvage du bétail.
La municipalité a décidé de faire procéder à des travaux de réparations et d'améliorations aux canalisations et bornes-fontaines existantes...


Suit un cahier des charges très détaillé : Canalisations, réservoirs, 2 bornes-fontaines à Rouac, 1 à Marcieu et 1 aux Champs. "En pierre de taille des carrières de Nantison, pour bassins, socles en regards, avec plus-value pour taille à la fine boucharde y compris moulures et ciselures".

Marcieu

     
Manifestement le bassin a été réduit, on n'a conservé que le premier bac.



MONTEYNARD



NOTRE DAME DE VAULX

Un courrier du 6 juillet 1791 justifie la nécessité de prévoir un meilleur écoulement de la fontaine de L'Horme, des habitants se plaignant des nuisances. Le village a donc une fontaine collective sur ce qui est aujourd'hui la place de la République. (Horme : arbre ou nom de famille ?)
Le 8 juillet 1832 on décide de réparer cette fontaine dont le bassin est en bois et l'année suivante on fait le projet d'en installer une nouvelle. Le cahier des charges trèd détaillé est rédigé pour la construction d'une majestueuse fontaine comme on en trouve à La Mure. C'est le seul cas dans la Matheysine où une commune consacre un budget de 1280 francs (les transports non compris) pour une nouvelle fontaine, c'est probablement les revenus de la mine qui permettent une telle dépense.
Un grand bassin circulaire de 3 m intérieur avec un triomphe central, le deuxième bassin constituant le lavoir accolé au premier, fait dans un seul bloc, il doit épouser la forme arrondie, dimensions intérieures 1,70 x 0.75 x 0.45 m.



Le transport du petit bassin a nécessité 10 chevaux, 2 paires de boeufs, 10 hommes plus une aide ponctuelle des ouvriers de la carrière et a coûté 100 francs.


Ce magnifique bassin a été supprimé (en ?) car il gênait l'élargissement des routes, on a construit à proximité une fontaine à 3 bacs, toute simple en béton, et lors de l'adduction d'eau dans le village elle a été remplacée par la fontaine actuelle qui rappelle la première avec un seul bac circulaire en pierre artificielle avec comme seule récupération le buste de la République.

En 1858, on met en place deux nouvelles fontaines :
- au nord (Cardamon en patois local), ce bassin sera déplacé en 1915 (marché de gré à gré de 700 francs) suite à l'ouverture du chemin vicinal dit de la montagne.
- au sud (Cardava), cette fontaine sera supprimée, montée au chalet de l'As ce qui n'a pas dû être simple puisque d'un seul bloc, et se trouve aujourd'hui en bien triste position !

En 1851, on construit la fontaine centrale (près de la mairie)

A la sortie vers le Majeuil il y a un cinquième grand bassin.


Fontaine du nord déplacée pour la création du chemin menant au Connex. Un seul grand bac, 3,30 x 1,6 m.



Au centre du village, devant la mairie un grand bassin de même dimensions (3,30 x 1,60 m) que celui du nord, il n'est pas fait de 4 plaques épaisses (24 cm) comme on pourrait le croire à première vue, il a subit une sérieuse restauration et à été chemisé à l'intérieur avec un fin béton sur une épaisseur de 8 cm.










Ce bassin implanté à l'origine dans le quartier sud se retrouve aujourd'hui relégué au Connex. Il est monobloc et de belle facture.




Place des Pothieux, sortie vers le Majeuil, un seul grand bac, on fait les mêmes remarques que pour celui de la mairie (restauration et chemisage).



PIERRE CHATEL

En 1857 le hameau de Fonteny possède des fontaines puisque le maire propose à son conseil une amélioration :
"Monsieur le Maire a soumis un projet qui lui semblerait bien nécessaire et bien propre à intéresser tout le monde dans la personne des petites filles qui fréquentent l'école communale. Chacun sait que la propreté des mains et du visage est fort utile à la santé et fait partie des habitudes d'ordre que les petites filles surtout doivent contracter de bonne heure.
Tout le monde sait encore qu'à cet âge et par la chaleur malsaine qu'elles éprouvent dans la salle de l'école où elles sont entassées, ces petites filles éprouvent bien souvent le besoin de boire, très souvent pour se rafraichir. Mais pour pouvoir être propre et se désaltérer, il faut de l'eau dans le voisinage.
Une fontaine est nécessaire aux petites filles de l'école, et elle est encore fort utile aux grandes personnes qui vont aux offices divins, surtout dans le temps des chaleurs, et aux ouvriers qui auraient à maçonner l'église, au presbytère et au cimetière.
"
Le conseil approuve le don d'une fontaine par un habitant et les travaux pour la déplacer à la gauche de l'entrée du portail du presbytère en face de la porte de la cour de l'école des filles.

1909 - Un règlement d'usage des Abreuvoirs et Lavoirs publics
I. La partie des bassins affectée au lavoir est expressément et exclusivement réservée au lavage des effets et linges de corps ou de maison.
Elle est conséquemment interdite au lavage des pommes de terre et de tous autres légumes, des issues ou débris d'animaux de toute espèce, et de tous objets ou ustensiles quelconque autres que le linge.
II. La partie des bassins affectée à l'abreuvoir est réservée uniquement au puisage de l'eau pure et à l'alimentation des animaux, tout rincage de linge ou d'objets quelconques y est interdit.
III. Il est défendu de conduire à l'abreuvoir des animaux infectés de maladies contagieuses.
Toutes contraventions au présent arrêté seront constatées par la gendarmerie, par le garde champêtre o par l'autorité minicipales et poursuivies conformément aux lois.

Mairie

     

     


Le bassin a été postérieurement aménagé en lavoir en rajoutant, sur une longueur, un pan incliné en ciment moulé.
L'abri est surmonté d'un cheval tirant un tombereau.


la FESTINIERE

     




Sur le bord de la route de la Motte d'Aveillans.
Transformée en jardinière non entretenue !


Le COLLET

     




De dimensions 4 m x 1,16 m avec des plaques épaisses de 18 cm, avec deux bacs. Peint en blanc, rempli de terre.


PRUNIERES

     
Dans la rue principale, autrefois route de passage, aujourd'hui court-circuitée par la départementale et dite rue de la Chapelle.
Fontaine construite en 1881.

     
Fontaine de l'école faite en 1891 ?
Centre du village, rue des Ouches.


Hameau des Rioux

      Construite en 1881, comme celle de Prunières. Elle est située dans la partie ancienne des Rioux c'est-à-dire au bout de la route, à l'entrée du vallon où l'on a extrait des meules


Hameau de SIMANE

La fontaine du haut était avant 1850 un peu plus en amont que l'emplacement actuel. En 1884 on lit que le bassin en bois est en mauvais état.
En 1890 une convention est signée avec Adolphe Giraud, tailleur de pierres à la Mure pour l'installation d'un bassin et d'un lavoir en pierres de taille à la fontaine dite du haut du village. Dimensions : 350 x 130 cm, épaisseur de 10 à 15 cm pour le prix de 180 francs.

     
Haut du hameau, le bassin sous abri, alimenté en eau mais avec un panneau rouge "eau non surveillée"

En 1884 il est décidé de construire une deuxième fontaine en bas du hameau mais en prenant une partie de l'eau de la fontaine existante.
"Considérant que cette fontaine est située à l'extrémité du hameau de Simane et qu'une grande partie des habitants sont obligé pour s'approvisionner d'eau de parcourir une grande distance par un chemin dont la pente est très rapide ce qui le rend presque impraticable en hiver." (La route actuelle qui serpente dans le village n'existe pas encore, la rue principale est ce que l'on appelle aujourd'hui, à juste raison, les "raidillons").
La décision est maintenue malgré l'opposition d'une partie des habitants qui ont envoyé une pétition au préfet. Ils ne sont pas d'accord sur le partage de l'eau de la source du haut entre les deux bassins.

     
Au bas du village, sous abri, non alimenté. 330x110x55-15


Cette solution n'a pas été satisfaisante puisqu'en 1909 on signale qu'il n'y a que 1,5 litre par minute et certains proposent de prendre une partie des eaux qui alimentent les Rioux et Prunières et de l'amener à Simane par une canalisation de 1200 mètres.

En 1923 des habitants envoient une pétition au préfet : "[...]Cette petite agglomération de Simane possède 2 fontaines, dont l'une n'a qu'un débit moyen de 2 litres d'eau par minute et plus ou moins potable ; la deuxième fontaine, qui est complètement à sec en temps normal, ne donne qu'en période de grandes pluies ; d'où par conséquent, un débit d'eau absolument impropre à la consommation ou pour l'abreuvage des bestiaux ; pas même utilisable pour le lavage du linge ; alors que le village principal de Prunières est plus surabondamment pourvu d'eau potable ; et dont le trop plein se déverse naturellement dans les propriétés riveraines[...]."
Ils demandent la réalisation du projet d'amener l'excès d'eau de Prunières à Simane.

Finalement en 1934 l'adduction d'eau avec le captage de nouvelles sources est réalisé avec l'aide financière de la mine en échange de l'autorisation de recherches de combustibles sur les terrains communaux.

Ferme de Reberton

     
dimensions : 220 x 120 cm, épaisseur : 15cm



SAINT-HONORE

Hameau de FUGIERES

Devis du 10 août 1859 :
" Le hameau de Fugières se trouvant dépourvu d'eau et ayant à proximité des sources claires et abondantes il a été décidé par les habitants de ce hameau de faire exécuter les travaux nécessaires pour amener les sources du mas Serguion, en affectant à ce travail le revenu de la prairie dite "Lachaux" appartenant au village seul de Fugières. Les propriétaires des terrains à traverser pour la pose des conduites ne réclament aucune indemnité, il convient de profiter de leur bonne disposition et de mettre la main à l'oeuvre après l'autorisation nécessaire en pareil cas."
Le devis et le marché passé le 17 août détaillent les conduites, les deux citernes, mais aucun détail sur la fontaine, nous apprendrons plus tard qu'elle est en ciment.
La réception des travaux a lieu le 1 mars 1860 :" Tous les travaux opérés par les sieurs Barillon ayant été faits avec solidité, régularité entière quant aux pentes à suivre pour la conduite des eaux qui fluent abondamment à la borne fontaine..." Prix = 2 224,80 francs.

8 janvier 1890
"L'unique fontaine placée au centre du hameau étant insuffisante aux besoins des habitants, il a été décidé par eux d'en établir trois nouvelles au moyen des sources qui seront acquises de Mr Rebreyend et qui affluent dans ses propriétés à Combealberte."

23 mai 1920
Retour sur la première fontaine
"[...] la fontaine du bas de Fugières est dans un état complet de délabrement. Le bassin en ciment qui date de près de 40 ans s'est complètement effrité [...]"
Le marché est passé, pour un bassin en calcaire de Laffrey, avec Vincent Torricelli, tailleur de pierres demeurant à La Mure, au prix de 1 100 francs. Le plan est reproduit ci-dessous.


Ce bassin aujourd'hui. Il porte la date 1859 qui est celle de l'arrivée de l'eau et de la première fontaine. On ne retrouve pas sa dimension de construction, il a été réduit à 4 m en un seul bac, probablement pour permettre l'élargissement de la route (?).


"Bassin en dalles de pierre de taille de première qualité bien homogène sans gélivure, ni veine ou délit [...] Ces dalles recevront une taille à la boucharde avec ciselures sur toutes leurs faces apparentes qui seront bien dressées [...] Leur nombre sera de quatre ou cinq au maximum pour chaque longueur de 5,00 m des grands côtés du bassin. Quant aux petits côtés et à la dalle séparative ils seront monolithes [...] Triomphant en même pierre ayant reçu même taille [...] " marché de gré à gré
délit : la pierre doit être posée dans le sens qu'elle avait dans la carrière.



SAINT JEAN DE VAULX

C'est dans cette commune à nombreux hameaux que l'on va trouver le plus de bassins et les plus beaux. C'est probablement la proximité de Laffrey qui explique le nombre de ceux, de longueur allant jusqu'à 4 m, creusés dans un seul bloc de calcaire. Le transport difficile était relativement réduit.
Toutes les fontaines sont alimentées par des sources pas toujours permanentes.

Le village

     


Bien situé dans un grand virage et mis en valeur. C'est le plus imposant, il est taillé dans un seul bloc : 4,15 x 1,3 m (épaisseur des parois 16 à 20 cm). Le triomphe a été élargi. Un seul bassin à la construction et l'on a ensuite rajouté une séparation en béton (en très mauvais état contrairement au calcaire).
Il est daté 1861, il a été pivoté depuis.

Poids d'un tel bassin : en supposant une taille au carré de l'intérieur on arrive à un poids minimum de 5,5 tonnes, masse très difficile à déplacer à l'époque. Le bloc de départ fait au minimum 4 m3 et 10,5 tonnes.


Les Arnauds

     


Dans le bas des Arnauds, au bord de l'ancien chemin peu fréquenté, au-dessous de la route. Pas mis en valeur il mériterait une meilleure implantation dans la commune.
De forme octogonale, cerclé, 2,50 mètres (15 cm d'épaisseur) avec le triomphe central.


Font Reynier

     
Bassin classique, à deux bacs , 3,25 x 1,15 m (épaisseur 15 cm)

     
Bassin privé ? Taillé dans un seul bloc.


La Monta

     

     


Daté 1853, taillé dans un seul bloc, 3,6 x 1 m, (épaisseur 12 cm)


Les Pélissiers

     
1891, un bac de 4,3 m (le plus long de la commune), un triomphe déplacé et refait, on voit les traces de l'ancien au centre de la photo.

     
Bassin octogonal, cerclé, 2,5 m, la boule sur le triomphe a probablement été rajoutée.


Les Prats

     

     
Un bac taillé dans un seul bloc,3,6 x 1,2 m, daté 1859.
Le bassin a été pivoté de 90° pour l'élargissement de la route, le triomphe a été modifié car il est en béton. La trace de l'ancien se devine au centre du mur.
Original, on peut choisir entre deux sources !


Le Villaret et les Perrins

Le 2 mars 1854, une demande au préfet pour exécuter des travaux pour construire une nouvelle fontaine. Elle est signée par 33 propriétaires habitants les hameaux du Villaret et des Perrins.
Cette lettre dit qu'il n'y a qu'une fontaine à l'extrémité des Perrins, une seule fontaine au Villaret qui ne coule pas toute l'année. Les habitants souhaitent installer une fontaine "à l'endroit le plus commode" des Perrins.

     
Le Villaret, un bassin sous abri,4 x 1,3 m, à l'origine un seul bac, on a rajouté une séparation en béton.

     
En haut des Perrins, un bac en un seul bloc de 3,55 x 1.15 m (épaisseur 12 cm). Le triomphe est décollé de 10 cm.
Fontaine dont il est question ci-dessus ?


     
A quelques 10 m un autre bassin en bord de route, un bac de 3,4 x 1,3 m, les plaques sont taillées en biseau


     
Dans la partie basse, là aussi un seul bac taillé dans un bloc de 4 x 1,10 m (épaisseur 16 cm), on remarque que le calcaire n'était pas d'excellente qualité, ce manque d'homogénéité a provoqué des problèmes d'étanchéité.


SUSVILLE

Les Chusins - ancienne cité minière

La cité a été joliment réhabilitée et l'on a conservé, fort heureusement, les deux bassins identiques, ils sont sous abri et ne sont plus alimentés.

     

     


VILLARD-SAINT-CHRISTOPHE

Le village a été entièrement détruit par un incendie le 23 septembre 1866.
En 1896, la municipalité décide d'améliorer sa distribution d'eau en captant une source qui jaillit dans un terrain appartenant aux demoiselles Chalvet et en établissant sept bornes fontaines nouvelles en divers points du village. La dépense est égale à 2 800 francs.
La réception des travaux, exécutés par Vincent Madet entrepreneur à La Mure, a lieu le 6 août 1898.
Nous n'avons pas de détail et de plan pour les fontaines.

Les fontaines en 2017

     
Sur la place de la Mairie, il est daté : 1869, ce point d'eau existait donc avant les sept fontaines de 1898 et a été implanté au début de la reconstruction du village après l'incendie. (420x130 cm)

     
Place de la Bascule, deux grands bacs.



Au bord de la route qui va à Cholonge.


Montée du Taure, près de l'église, en mauvais état.





A 50 m du bassin place de la Mairie, cette fontaine coule abondamment, datée : 1904



Pierre Dell'Accio, Incendies de village : La destruction de Villard-Saint-Christophe en 1866, Mémoire d'Obiou N°22.
ADI, 2O203/4 Laffrey
ADI, La Motte d'Aveillans
ADI, La Motte Saint Martin
ADI, La Mure
ADI, Marcieu
ADI, Monteynard
ADI, Notre-Dame de Vaulx
ADI, 2O304/4 Pierre-Châtel
ADI, 2O326/2 Prunières
ADI, Saint-Honoré ADI, 2O396/3 Fugières
ADI, Saint-Jean de Vaulx
ADI, Susville
ADI, 2O553/4 Villard Saint Christophe

↑MENUS↑