Constructions
Cholonge
- Eglise
Mayres-Savel
- Eglise
La Mure
- Ancienne église
- Beffroi
- Ecole des Capucins
- Château
- Collège
- Contournement
- L'église
- Halle
- Hôpital
- Hôtel de ville
- Jardin de ville
- Ecoles Perouzat
- Rue Saint Jean
Roizon
- Le viaduc
Saint-Arey
- Eglise
Siévoz
- Eglise

Commun
- Route Mure-Terrasses
- Bassins en calc. Laffrey

HÔTEL DE VILLE


photo de l'hôtel de ville

"L'Hôtel de Ville et la Justice de paix intéressent toutes les communes du canton. Il faut un local convenable pour les magistrats et pour les justiciables qui se rendent au chef-lieu, soit pour les Conseils de famille, soit pour les audiences.
Il faut un local convenable pour le tirage au sort, pour le conseil de révision.
Ce monument cantonal va être édifié par la commune de La Mure seule, sans qu'il en coûte un centime aux 19 autres communes. En effet la loi fait une obligation à la commune chef-lieu de canton de fournir le local de la Justice de paix, et le local nécessaire pour les opérations militaires et autres qui ont lieu obligatoirement à ce chef-lieu. Convenons en passant qu'il était bien temps pour La Mure de remplir ses obligations vis-à-vis des autres communes du canton.
"
Compte-rendu municipal de 1889

A la place de l'hôtel de ville il y avait un hôpital dont on atteste la présence en 1228 dans un testament de Beatrix de Bourgogne. Au premier étage la ville louait la mairie, au deuxième il y avait le logement du secrétaire de mairie et la justice de paix. Cette bâtisse est signalée fort délabrée en 1719 et en 1767.
1876, Henri-François-Prosper Giroud fait donation à l'hospice de sa maison de maître et deux jardins, rue Neuve.
1879, l'Hospice est transféré rue Neuve ce qui permet à la ville d'acheter le bâtiment.
12 déc 86, Chion-Ducollet est élu maire, il se met immédiatement au travail, il fait construire le collège en 1887, les écoles maternelles et de jeunes filles de Perouzat en 1888, l'école de garçons des Capucins en 1889 et il décide de doter la Mure d'un Hôtel de Ville à la même place que le vieux bâtiment.
1889-90, Plans par Jules Besson, architecte.
1890, démolition de l'ancien bâtiment, fondations. La première pierre est posée le 7 juin 1891 sans la présence d'autorités du département, uniquement par le conseil municipal et un discours du maire.
1891-1893, construction en vue d'installer les services suivants :
Au rez-de-chaussée : Octroi ; Service de la Voirie et des Eaux ; Recette Municipale ; Caisse d'Epargne et Poids Public
Au 1e étage : Mairie, Justice de Paix
Au 2e : Salle du Conseil Municipal et des Mariages ; Salon d'honneur et Bibliothèque.

L'hôtel de ville va bénéficier de deux inaugurations :
- Le 22 septembre 1892 en même temps que le Centenaire de la République, inauguration entre Murois avec une grande fête, fanfare, discours, banquet, feu d'artifice, bal...
- Le 9 juin 1893 : inauguration des salons avec le préfet, les autorités départementales, les maires du canton... et une grande fête populaire.
Le lendemain 10 juin, première séance du conseil municipal dans les nouveaux locaux et le 14 juin célébration du premier mariage.

Le coût s'élèvera à 198 229,64 F.

Depuis les constructions précédentes qui nécessitaient de trouver au maximum les matériaux sur place, la Mure est désenclavée, depuis 1888 le train peut monter des matériaux lourds sur le plateau. L'architecte n'a plus de contrainte, il va en profiter et traiter les différents niveaux avec des matériaux différents.
L'orientation est soigneusement choisie, un conseil municipal est organisé sur les lieux pour décider entre plusieurs plans, une quasi-unanimité est d'avis que l'escalier soit dans l'axe de la rue par laquelle on arrive dans la ville. Les bâtiments proches seront plus tard démolis.


En jaune, l'ancien. En rouge le projet.
Le poids public doit être déplacé ainsi que la fontaine côté sud.
Archives municipales

Le rez-de-chaussée

Visible complètement du côté sud, il constitue côté nord un socle de couleur gris bleuâtre sur lequel repose le bâtiment de couleur claire.
Baies jumelées rectangulaires au nord et sur les côtés et portes-fenêtres à plate-bande bombée au sud. Construction avec la pierre vedette de la Matheysine, le calcaire de Laffrey, blocs soigneusement taillés, avec bossages, réseaux de lignes obliques gravées... A noter l'excellente conservation de ce calcaire, hormis une locale patine d'altération de surface. Le Maire avait exigé une excellente qualité, sans veines blanches ce qui servira de justification à l'entrepreneur Edouard Andrieux de présenter une facture supérieure de 7 000 F au devis, Chion-Ducollet propose 1 500, l'entrepreneur assigne la municipalité, le jugement accorde 2 400 F à M. Andrieux qui doit payer les deux-tiers des frais.







Le premier étage

Fenêtres en plein cintre. Les blocs de calcaire clair taillés des encadrements et des chaînes d'angle sont en calcaire urgonien, venant des carrières de Sassenage et de Ratz. Ce calcaire est très pur, c'est un calcaire récifal, 115 millions d'années de la fin du Crétacé inférieur. On le retrouve du Jura au sud de la France (par exemple les Calanques), toute la région était une plate-forme et le climat chaud, les Bahamas de l'époque !
Il était très prisé pour la construction (c'est la pierre utilisée pour les quais de Grenoble), pour la fabrication de la chaux du fait de sa pureté et du ciment (avec addition d'argile).
Il constitue les barres sommitales de la Chartreuse et du Vercors.
Il est très facilement reconnaissable : on y trouve quantité de morceaux de coquilles de rudistes, lamellibranches (du groupe des Bivalves) qui vivaient fixés par une valve, la valve supérieure, mobile, servant à la nourriture.


Fenêtre en plein cintre du 1er étage



Les deux rudistes de l'époque, le groupe s'éteindra à la fin du secondaire comme les ammonites et les dinosaures avec la grande crise crétacé-tertiaire.



partie du mur d'angle
un détail de l'urgonien
Blocs de calcaire urgonien de l'encadrement et détail montrant des morceaux de rudistes

L'escalier central

Côté nord un bel escalier mène au rez-de-chaussée, La main courante en calcaire urgonien repose sur des colonnettes en ciment moulé. Les piliers sculptés en calcaire urgonien. Les marches ont été refaites en 2003, elles sont en granite importé (de ?), la Mure est vraiment désenclavée !

un gros plan de l'escalier un gros plan de l'escalier
L'escalier qui conduit a la porte d'entrée principale

haut de l'escalier
Pot à feux coiffant la main-courante en calcaire urgonien sculpté, partie basse bien altérée.

colonne support rampe
Les colonettes supportant la main-courante ne sont pas en marbre mais en ciment moulé.

Le deuxième étage et le troisième étage sous le toit

A première vue ces deux niveaux semblent construits avec la même pierre que le rez-de-chaussée, en regardant plus attentivement elle apparaît d'un blanc plus régulier sans les traces de fossiles de l'Urgonien. C'est la pierre de l'Estaillade, venant d'une carrière d'Opède dans le Luberon. Cest une molasse calcaire du Miocène (environ 20 Ma). Elle fait partie des meilleures "Pierres du midi", toujours extraite et utilisée aujourd'hui. Elle resiste au gel et est excellente pour les constructions et les décorations car elle se taille facilement.

fenêtre du deuxième étage
Fenêtre rectangulaire du 1erétage



frise
La pierre de l'Estaillade est bien adaptée pour la réalisation de ces frises.




Encadrement et angle en pierre de l'Estaillade.


Le fronton central en plaques de marbre sculptées, encadré de deux candélabres. L'horloge au-dessus du sigle RF. Le toit est recouvert d'ardoises d'Angers et les cheminées, initialement prévues en briques, sont en pierres de l'Estaillade.


Comme sur le collège et les écoles Pérouzat, le blason de la Mure.

L'escalier intérieur


Les marches de l'escalier intérieur sont en calcaire urgonien, de teinte jaunâtre, de la région grenobloise. Matériau très employé à Grenoble, escaliers, halls d'anciens immeubles et la quasi-totalité des bordures de trottoir des rues non rénovées récemment. Plusieurs carrières de la région grenobloise fournissaient cet urgonien avec des teintes plus ou moins jaunâtres.

marche de l'escalier intérieur



Le Maire Alfred Chion-Ducollet arrive dans sa nouvelle mairie.
Aujourd'hui les pots, ici au bas de l'escalier, sont au sommet à la place des lampadaires.
Collection Roger Gaio


Le DAUPHINE du 7 décembre 2012




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