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Ancienne route des Terrasses à La Mure


Au Moyen Age on quittait La Mure, au sud, par le chemin de Pré Sabot, dont le départ est aujourd'hui inclus dans le cimetière. On rejoignait les Rampes par un chemin entre La Croix et la Tuilerie et après avoir traversé le pont (dit romain) à péage, plus bas qu'actuellement sur la Bonne, on montait sur les bordures des Garguettes pour rejoindre les Terrasses.
La circulation était souvent difficile du fait de pentes fortes sur un terrain argileux. "C'est alors la rude descente dans les terres éboulées et sur les pavés glissants des Rampes. Les Dauphins ont beaucoup de peine à faire entretenir ce passage." (L. Caillet)

En 1750, il est décidé de faire la route royale de Grenoble à Gap.
La rue des Alpes est rapidement ouverte, le pont de Pont Haut (celui actuel) est construit en 1751-2, le précédent datait de 1650. Par contre la route ne sera terminée qu'en 1798.

Carte de CASSINI

Les levers pour la carte Cassini du secteur de Grenoble ont été faits entre 1765 et 1777, après la décision de faire la Route Royale mais avant sa réalisation. Le tracé de la route n'est pas exact aux environs de La Mure.




L'ancienne route surchargée en rouge.
Il est intéressant de noter les moulins sur la Jonche, il en est mentionné 8 à La Mure, 1 à Cognet et le moulin de Malbuisson sur la Bonne



Sur cette réédition de la carte coexistent l'ancienne route (rouge) et la nouvelle (bleu).

Atlas de Trudaine

Un travail énorme de cartographie des routes et leurs abords fait entre 1745 et 1780. Nous avons un tracé plus précis et plus détaillé qu'avec les cartes de Cassini.




En rouge, l'ancienne route qui était en 1750 "la Grande Route de Grenoble à Briançon"
(en tirets la partie disparue, reprise par les champs entre La Croix et la Tuilerie)
En bleu, "Chemin Projetté" : l'ouverture de la rue des Alpes et le prolongement en ligne droite jusqu'aux Rampes.


Un agrandissement sur la partie des Rampes et la remontée après Pont Haut vers les Terrasses.

Carte RTM



C'est un détail agrandi de la carte mise dans la page Garguettes.
Il y a probablement une erreur en ce qui concerne la partie non dessinée de la route, le tracé suggère qu'elle passait dans la partie effondrée des Garguettes alors que sur le terrain tout laisse à penser qu'elle continuait en dessous de la crête, à l'ouest.
Dans la partie descendante à virages, on peut suivre globalement le tracé de la route malgré l'intense végétation et les éboulements.

Photos



On trouve l'ancienne route à la sortie des Terrasses côté La Mure.



Après avoir quitté le chemin de la carrière cette ancienne route va peu à peu disparaître en arrivant près de la crête des Garguettes.


Près de Pont Haut, on pouvait encore voir une partie pavée du chemin des Rampes. Photo Victor Miard.



Au début cette portion de l'ancienne route est toujours active, elle conduit à l'ancienne carrière dans la partie haute des Garguettes.


La borne 2 de la carte RTM dans un virage de la route. En place ?




Le chemin des Rampes est toujours bien visible de Pont-haut à l'arrivée sur le plateau (trait jaune), par contre c'est beaucoup moins évident pour la partie menant aux Terrasses (pointillés jaunes).




Photo de P. Moisson "Le torrent de la Bonne et le Pont-haut.".
Photo donnée à la BNF en 1889 donc bien avant l'installation de la première centrale électrique.
La Bonne, l'arrivée de la route sur le pont, l'ancienne route. l'importance de la culture de la vigne dans ces terrains argileux au pied des Demoiselles.


La Gazette du Valbonnais N°86 de février 2015 évoque les difficultés de circulation dans les Rampes et au passage de Combe Merdarelle (les Garguettes).


La descente de La Mure à Pont haut en 1863 dans Voyage de Grenoble à la Salette, E. DE TOYTOT

Peu à peu l'horizon se resserre ; il disparaît bientôt tout à fait. La voiture entraînée rapidement descend la rampe tournante à travers une route escarpée. Tout à coup on se trouve comme enfermé entre les parois des montagnes. On se demande avec une légère émotion comment on a pu pénétrer dans cette solitude qui semble sans issue , et comment on en sortira. Involontairement on pense à cet entonnoir où Dante place les cercles de son enfer. Pour peu que la voiture qui nous entraîne contourne quelque temps encore les spirales intérieures du cône effrayant, nul doute que nous ne soyons de grands criminels destinés au dernier cercle.
Le cocher qui se soucie peu du Dante et de son enfer, hâte le dénouement et fouette ses chevaux ; le véhicule fait des bonds effrayants et menace à chaque instant de rouler dans l'abîme avec ses voyageurs. Ceux-ci crient ou supplient :
- Conducteur! arrêtez!
- Cocher! nous allons verser.
- Gare à la force centrifuge !
Le mot est historique : il est d'un savant ; mais la force centrifuge ne touche guère plus l'intraitable automédon que l'enfer du Dante. De la voix et du geste il continue de mener ses chevaux ventre à terre jusqu'à ce que la voiture enfin chassée de son orbite régulier par un mouvement trop rapide, n'étende sur la route voyageurs, conducteur et cocher.
Ainsi se passèrent les choses deux fois au moins , si ce n'est trois, à ma connaissance(*).
En ce qui me concerne , âmes compatissantes , rassurez-vous pourtant. Je ne me suis cassé ni bras ni jambes, et cette fois encore nous reviendrons avec tous nos membres, car nous voici arrivés au fond de l'entonnoir.
C'est une manière de parler, car le fond de l'entonnoir est occupé à une profondeur immense par les eaux azurées de la Bonne, qui murmurent sourdement entre les parois escarpés de la montagne.
Pour nous, nous pouvons assister tranquillement à ce spectacle, appuyés contre le parapet du Pont-Haut qui est pour ainsi dire le point extrême où la route cesse de descendre.
(*) II est inutile d'ajouter que les accidents malheureusement trop fréquents qui se sont succédé au début des voyages à la Salette, ont enfin rendu les conducteurs prudents. Il n'y a plus aujourd'hui aucun danger à monter dans leurs voitures.


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