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LACS et ZONES HUMIDES



Cette photo Google des 4 lacs montre leur différentes altitudes, les bordures peu profondes (zones humides) et la ride centrale du lac de Petichet


Lac de Pierre-Châtel, 930 m, 100 ha, profondeur max 10,8 m
Lac de Petichet, 923 m, 86 ha, profondeur max 19.2 m
Lac de Laffrey, 908 m, 127 ha, profondeur max 30,3 m
Lac Mort, 21 ha, profondeur 24,5 m , a été rehaussé par une digue pour la production d'électricité

Origine des lacs

Au maximum glaciaire du Würm 2, le glacier de la Romanche était à l'entrée de la Matheysine à l'altitude 1330 m et la diffluence allait jusqu'aux Bruneaux au sud de Pierre-Châtel.
Au Würm 3 le glacier de la Romanche était à 800 m, en dessous du seuil, il avait déjà quitté le plateau.
La création des 4 lacs s'est faite entre ces deux périodes pendant le retrait du glacier. Les datations de ces épisodes ne sont pas connues avec précision, on peut néanmoins admettre que ce retrait a pris quelques millénaires.
Le retrait ne se fait pas à vitesse constante ce qui ne laisserait pas beaucoup de traces sur le paysage. Du fait de la variation du climat il y a des périodes de retrait, des périodes de stagnation plus ou moins longues pendant lesquelles le glacier a le temps de créer des moraines et des cuvettes profondes qui donneront des lacs qui perdureront si les apports ne comportent pas de sédiments, ce qui est le cas de nos lacs alimentés par des sources.
B. Delaquaize définit 14 stades, périodes de stationnement suffisamment longues (de l'ordre du siècle) pour permettre un dépôt morainique morphologiquement identifiable. Il date (en relatif) la formation des moraines latérales, des terrasses, des chenaux... Nous ne retenons que les stades qui concernent directement la formation des lacs.


Du fait du stade 6, le lac de Petichet est formé de deux cuvettes séparées par la moraine centrale partielle immergée

Stade 3 : formation de la moraine frontale du lac de Pierre-Châtel.

Stades 4 et 5 : dépôt de deux arcs morainiques, individualisation du lac de Pierre-Chatel plus étendu qu'aujourd'hui, il occupait aussi l'actuel marais des grandes Sagnes.

Stade 6 : le glacier stationne au milieu de l'actuel lac de Petichet où il dépose une moraine frontale submergée aujourd'hui. Une partie du lac s'individualise à une cote supérieure à l'actuel (939 m), les eaux s'écoulent vers le sud par le chenal radial du vallum du stade 4.

Stades 7, 8 et 9 : dépôts de moraines, au stade 9 le lac de Petichet était réuni avec un embryon du lac de Laffrey à la cote 939, l'écoulement des eaux se faisant toujours vers le sud.

Stade 10 : le barrage glaciaire n'est plus suffisant pour retenir les eaux à la cote 939, le lac de Petichet se déverse comme aujourd'hui côté nord dans le lac de Laffrey.

Stades 11, 12 et 13 : Le lac de Laffrey est quasi identique à l'actuel, le glacier se réduit à une petite langue.


Seuls les lacs de Laffrey, Petichet et Pierre-Châtel sont retenus derrière des arcs morainiques, le lac Mort étant retenu au nord par un verrou glaciaire constitué de micaschistes.
Seul le lac de Pierre-Châtel est entièrement retenu par des arcs morainiques, pour les lacs de Laffrey et Petichet la cote du socle est supérieure à la cote du fond des lacs. Le glacier a, surtout pour le lac de Laffrey, creusé le socle et les moraines ont comblé les chenaux entre les lacs.


Seul le lac de Pierre-Châtel est strictement morainique, pour les autres le socle est concerné. (thèse Delaquaize).

La durée de vie d'un lac est limitée, elle est courte dans le cas où il est traversé par un cours d'eau qui apporte des alluvions. Ce n'est pas le cas de nos lacs qui sont alimentés par des sources dont plusieurs viennent du Grand Serre qui est un bon aquifère (Fontaine du Fayet).

Tourbières et zones humides


Les glaciers ne nous ont pas laissé seulement de l'eau visible sous forme de lacs, mais aussi beaucoup de réservoirs d'eau sous forme de nappes (eau piégée dans les dépressions comblées par des alluvions) et de zones humides qui se sont plus ou moins transformées en tourbières, notamment les nappes du nord de Cholonge et de Fontaine Pelouze, les zones humides en bord des lacs créées par la réduction des lacs plus étendus au début de leur formation.

Le lac glaciaire de la Mure, entre le glacier de la Romanche arrivant aux Bruneaux et la moraine de Payon du glacier de la Bonne, s'est transformé en une grande zone humide et de tourbières (les marais), hostile et insalubre pour nos anciens. Jusqu'à 1750, où l'on a construit la route royale de Grenoble à Gap, les voies de circulation contournait cette étendue.

En 1821, les premiers travaux importants pour le déssèchement des marais donnèrent de bons résultats, mais ils ne furent pas entretenus suite à la faillite du concessionnaire.
Une loi est votée en 1865 sur le déssèchement des marais, un syndicat se forme en 1882, il restera longtemps peu efficace du fait des conflits politiques.

Aujourd'hui sur l'influence des écologistes on protège, avec plus ou moins de restrictions, les quelques zones humides restantes (loi de 1992, complétée à plusieurs reprises). Ce sont des environnements qui abritent une flore et une faune diversifiée.

carte agrandissable

Les zones humides faisant l'objet d'une mesure de préservation du milieu
(Arrêté Préfectoral de Protection du Biotope - APPB)
Drac Nature, document cité en bas de page.

photo agrandissable

La partie nord-est du lac de Petichet n'est plus accessible.


Une grande variété de flore selon la hauteur d'eau. La faune est aussi très riche.





Le marais de Fontaine-Pelouze



Une belle formation de laiches (carex)

Pour ceux qui veulent en savoir plus :
Généralités sur les glaciations : page glaciations
Page Laffrey de geol-alp
Delaquaize Bernard, Etude géologique, hydrogéologique et limnologique dans une région de moyenne montagne : bassin versant des lacs de Laffrey et Petichet, Thèse de doctorat de spécialité, 1979
Montjuvent Guy Le Drac, morphologie, stratigraphie et chronologie quaternaires d'un bassin alpin, thèse, 1978

Tourbières et zones humides :
Tourbières du Plateau matheysin, Conservatoire des espaces naturels de l'Isère.
Matacena : un plateau humide, Drac Nature, 2012.
Gilbert Billard, Marais de Matheysine, étude sur l'avifaune, dans Mémoire d'Obiou, n° 16,avril 2011, pp. 153-156.

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